Dieu ne peut pas être tenté, et Jésus l’a été
Dieu ne peut pas être tenté, et Jésus l’a été
Dieu ne peut pas être tenté, et Jésus l'a été

Dieu ne peut pas être tenté, et Jésus l’a été

Il y a une règle que j’ai apprise en étudiant ces questions, et elle m’a plus servi que tous les arguments.

L’Écriture dit souvent une chose. Elle n’en tire presque jamais la conclusion qu’on lui prête.

Elle dit que Jésus-Christ a fait des miracles. Elle ne dit nulle part que c’est parce qu’il était Dieu.

Elle dit qu’il n’a pas péché. Elle ne dit nulle part que c’est parce qu’il était Dieu.

Entre ce que le texte affirme et ce qu’on nous a appris à en conclure, il y a un écart. Et cet écart, personne ne nous le montre.

Aujourd’hui je voudrais te montrer un endroit où l’Écriture, elle, tire la conclusion à notre place. Et elle la tire dans l’autre sens.

🩵 Le verset que presque personne ne rapproche

Jacques 1:13. Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise, c’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne.

Lis la phrase du milieu. Dieu ne peut être tenté par le mal.

Ce n’est pas une remarque en passant. Jacques l’énonce comme un principe, pour fonder tout son raisonnement sur l’origine de la tentation.

Maintenant, ouvre l’évangile.

Matthieu 4:1, Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable.

Le texte le dit sans détour. Il fut conduit là pour cela.

Marc 1:13, il fut tenté par Satan.

Luc 4:2, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours.

Et l’épître aux Hébreux ne laisse aucune place au doute. Hébreux 4:15, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché.

Le grec porte *kata panta*, selon toutes choses, à notre ressemblance.

🌟 D’un côté, Dieu ne peut pas être tenté. De l’autre, Jésus l’a été, réellement, pendant quarante jours et toute sa vie. Ce sont deux affirmations de l’Écriture, pas deux opinions.

🩵 Et Hébreux insiste, comme s’il l’avait prévu

Ce qui me frappe, c’est que l’auteur d’Hébreux ne se contente pas de mentionner la tentation. Il y revient, il l’appuie, il en fait un argument.

Hébreux 2:18, car ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés.

Le mot car est causal. Il peut nous secourir **parce qu’**il a été éprouvé.

Hébreux 2:17, en conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères.

Il a dû. C’était nécessaire, pas facultatif.

Hébreux 5:7, il a offert avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort.

Hébreux 5:8, il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes.

Il a appris. On n’apprend pas ce qu’on possède déjà.

🌟 L’auteur d’Hébreux ne présente jamais l’humanité du Christ comme un vêtement. Il la présente comme la condition de tout ce qu’il a accompli pour nous.

🩵 Ce qu’on m’objectera, et je ne vais pas l’esquiver

On me répondra ceci, et l’objection est sérieuse. Il a été tenté selon son humanité, non selon sa divinité.

Je dois donc dire honnêtement où en est la discussion.

D’abord un point de vocabulaire, que je ne cacherai pas. Le mot grec de Jacques 1:13, *apeirastos*, n’apparaît qu’une seule fois dans tout le Nouveau Testament. Certains le rendent par Dieu est inaccessible au mal plutôt que Dieu ne peut être tenté. Le sens général reste le même, mais je préfère te le dire plutôt que te laisser le découvrir dans un commentaire.

Ensuite, la réponse des deux natures. Elle consiste à dire qu’il savait selon l’une et ignorait selon l’autre, qu’il était tentable selon l’une et pas selon l’autre.

Mais regarde ce que cela produit. Si la partie qui ne pouvait pas pécher était présente, alors la chute était impossible. Et une épreuve dont l’issue est impossible n’est plus une épreuve. C’est une représentation.

Or Hébreux 4:15 dit tenté **en toutes choses**, à notre ressemblance. Il insiste sur la totalité de la ressemblance. Cette insistance n’aurait aucun objet si quelque chose en lui rendait l’échec impossible.

Et souviens-toi que ce vocabulaire des deux natures a une date. Il a été formulé au concile de Chalcédoine, en 451, avec des mots grecs, *physis* et *hypostasis*, que le Nouveau Testament n’emploie jamais dans ce sens.

🌟 La réponse des deux natures ne lève pas la difficulté, elle la classe. La contradiction est rangée dans deux tiroirs, elle n’est pas résolue.

🩵 Et la même règle vaut pour les miracles

Puisque nous parlons de conclusions que le texte ne tire pas, prends l’exemple le plus courant.

On me dit, il fallait bien être Dieu pour faire de tels miracles.

Écoutons ce que le texte dit.

Jean 3:2, Nicodème vient de nuit et déclare, nul ne peut faire ces miracles que tu fais si Dieu n’est avec lui.

Retiens la fin. Si Dieu n’est avec lui. Et note que Jésus ne le corrige pas.

Actes 2:22, Pierre à la Pentecôte, cet homme approuvé de Dieu par les miracles, les prodiges et les signes que **Dieu a faits par lui**.

Actes 10:38, Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable, **car Dieu était avec lui**.

Trois témoins, et la même explication chaque fois. Non pas parce qu’il était Dieu, mais parce que Dieu était avec lui.

Et si l’on doutait encore, Actes 5:12, beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient par les mains des apôtres. Jean 14:12, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes.

Des hommes ont fait ces œuvres. Nul n’en a conclu qu’ils étaient Dieu.

🩵 Alors comment a-t-il tenu

C’est la vraie question, et le texte y répond partout.

Jean 5:30, je ne puis rien faire de moi-même.

Jean 5:19, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père.

Jean 14:10, le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres.

Marc 1:35, vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva et sortit pour prier.

Luc 6:12, il passa toute la nuit à prier Dieu.

Luc 22:43, à Gethsémané, un ange lui apparut du ciel pour le fortifier.

Et au désert, regarde son arme. Matthieu 4:4, 4:7, 4:10. Trois fois la même parade. Il est écrit.

Pas un éclat de puissance. La Parole de Dieu, la prière, la dépendance.

🌟 Il n’a pas triomphé de la tentation par une nature qui le protégeait. Il en a triomphé par les moyens que Dieu met à la portée des hommes.

🩵 Et pourquoi c’était nécessaire

Il y a une raison pour laquelle ce point n’est pas une querelle d’école.

Romains 5:19, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes.

Par la désobéissance d’un homme. Par l’obéissance d’un homme. Paul construit toute sa démonstration sur ce parallèle, et le parallèle exige deux hommes.

1 Corinthiens 15:21, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts.

Là où un homme avait cédé, un homme devait tenir. C’est la logique de la rédemption elle-même.

Si celui qui a tenu ne pouvait pas tomber, le compte n’est pas réglé, il est contourné.

🩵 Ce que je ne dis pas

Je veux être précis, car l’exactitude vaut mieux que la force.

Je ne dis pas que ce seul verset de Jacques règle toute la question de la divinité. Il y a d’autres textes, et j’en ai traité plusieurs, et il m’en reste à traiter.

Je dis ceci, et c’est déjà beaucoup. Les raisons qu’on m’a données pour croire à la divinité de Jésus-Christ ne sont pas dans le texte. Les miracles y sont expliqués autrement. La tentation y est affirmée pleinement. Et le seul verset qui parle explicitement de Dieu et de la tentation dit que cela ne peut pas l’atteindre.

🩵 Ce que cela te donne

Et voici pourquoi cela compte pour ta semaine, et non seulement pour ta théologie.

Si celui qui a résisté ne pouvait pas tomber, alors sa victoire est une démonstration, et tu la regardes de loin.

Mais s’il a été tenté en toutes choses comme toi, s’il a prié la nuit, s’il a eu besoin d’un ange pour le fortifier, s’il a répondu au diable avec un verset appris, alors sa victoire est un chemin.

Hébreux 4:16, approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.

Le donc du verset 16 s’appuie sur la tentation du verset 15. C’est parce qu’il a été éprouvé que nous pouvons approcher avec assurance.

🌟 Un secours qui vient de quelqu’un qui n’a jamais rien risqué n’est pas un secours. Le sien en est un, parce qu’il sait par où tu passes.

🩵 Ce que je te demande

Ne me crois pas sur parole. Ce serait la pire chose que tu puisses faire.

Ouvre trois versets ce soir, cela te prendra cinq minutes.

Jacques 1:13. Que dit-il de Dieu et de la tentation.

Matthieu 4:1. Pourquoi Jésus est-il conduit au désert.

Hébreux 4:15. Jusqu’où va la ressemblance.

Puis pose-les côte à côte, et regarde toi-même ce qui en ressort.

🌟 Quand un texte tire lui-même une conclusion, c’est la sienne qu’il faut suivre, et non celle qu’on a mise à sa place.

Serge le prédicateur t’encourage 🩵

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