Dans la Bible, Dieu est un titre qui se donne – Partie 1/2
Dans la Bible, Dieu est un titre qui se donne – Partie 1/2
Dans la Bible, « Dieu » est un titre qui se donne

Dans la Bible, Dieu est un titre qui se donne – Partie 1/2

Quand on veut me prouver que Jésus-Christ est Dieu, on procède toujours de la même manière. On m’ouvre un verset où il est appelé Dieu, et on considère que la démonstration est faite.

Le raisonnement paraît imparable. Il est appelé Dieu, donc il est Dieu.

Mais avant d’examiner ces versets un par un, il faut poser une question préalable, et presque personne ne la pose.

Dans l’Écriture, qu’est-ce que cela signifie exactement, être appelé Dieu ?

Parce que si l’Écriture appelle Dieu des êtres dont personne ne soutient qu’ils sont Dieu, alors le raisonnement s’effondre avant même d’atteindre Jésus-Christ.

Et c’est exactement ce qu’elle fait.

🩵 Dieu a lui-même appelé un homme « Dieu »

Exode 7:1. L’Éternel dit à Moïse, vois, je te fais Dieu pour Pharaon, et ton frère Aaron sera ton prophète.

L’hébreu porte elohim. Le mot le plus élevé du vocabulaire biblique, appliqué à un homme.

Et remarque qui parle. Ce n’est pas la foule qui s’égare, ce n’est pas un flatteur. C’est Dieu lui-même qui confère ce titre à Moïse.

Exode 4:16 dit la même chose vis-à-vis d’Aaron, tu tiendras pour lui la place de Dieu.

Moïse a donc été appelé Dieu, par Dieu, dans le texte sacré. Et il est mort au mont Nébo comme tous les hommes.

🌟 Si être appelé Dieu prouvait qu’on est Dieu, il faudrait le conclure de Moïse d’abord.

🩵 Et Dieu a appelé « dieux » des hommes qui allaient mourir

Psaume 82:6. J’ai dit, vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut.

Ce sont des juges d’Israël, et le psaume les reprend parce qu’ils jugent injustement.

Puis vient le verset 7, et il tranche tout. Cependant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme un prince quelconque.

Le psaume qui donne le titre est le même qui en fixe la limite. Ceux que Dieu appelle dieux sont des mortels.

Et ce n’est pas une lecture que j’invente. C’est celle de Jésus-Christ lui-même.

Jean 10:33, on l’accuse ainsi, toi qui es un homme, tu te fais Dieu.

Jean 10:34-36, il répond en citant ce psaume, n’est-il pas écrit dans votre loi, j’ai dit, vous êtes des dieux. Puis il conclut, vous me dites, tu blasphèmes, parce que j’ai dit, je suis le Fils de Dieu.

Sommé de s’expliquer sur une accusation de blasphème, il ne revendique pas la divinité. Il rappelle que l’Écriture appelle dieux des hommes mortels, et il se range du côté des fils.

🌟 Le seul endroit où Jésus-Christ commente lui-même le mot « dieu » appliqué à des hommes, il l’emploie pour désamorcer l’accusation, non pour la confirmer.

🩵 Le nom de Dieu lui-même est porté par une ville

Voici maintenant le cas le plus stupéfiant, et il tient en deux versets du même livre.

Jérémie 23:6, parlant du rejeton de David, voici le nom dont on l’appellera, l’Éternel notre justice.

L’hébreu porte YHWH tsidqenou. Le nom propre de Dieu, dans le nom donné au Messie.

Et maintenant, dix chapitres plus loin.

Jérémie 33:16, voici comment on l’appellera, l’Éternel notre justice.

De qui parle-t-il cette fois ? De Jérusalem. De la ville.

Même prophète, même livre, même formule hébraïque, appliquée à un homme puis à une cité.

Personne n’a jamais soutenu que Jérusalem était Dieu.

🌟 Le nom divin lui-même peut être conféré sans que celui qui le porte soit Dieu. Le texte le démontre à dix chapitres d’intervalle.

🩵 Ésaïe 9 dit lui-même que ce sont des noms donnés

On me cite souvent le verset que les Bibles françaises numérotent Ésaïe 9:5.

Un enfant nous est né, un fils nous est donné, et on appellera son nom Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix.

Regarde d’abord l’ouverture. Il est né. Il est donné. Deux verbes qui disent une origine et un don, avant même que les titres n’arrivent.

Puis regarde la formule elle-même, vayiqra shemo, on appellera son nom. C’est une formule de nomination, pas une définition d’essence. Et le verset suivant parle du trône de David et de son royaume. Nous sommes dans un oracle d’intronisation royale.

Et voici la question que je pose à ceux qui citent ce verset, avec tout le respect que je leur dois.

Ce verset appelle aussi le Messie Père éternel.

Or ceux qui me citent ce verset refusent absolument que le Fils soit le Père. Leur propre doctrine le leur interdit. Ils lisent donc ce titre-là comme une fonction, et non comme une identité.

Alors pourquoi lire Dieu puissant comme une nature, et Père éternel comme une fonction, dans la même énumération, dans le même verset, sous la même formule ?

🌟 On ne peut pas prendre une moitié de la liste comme une essence et l’autre moitié comme un titre.

🩵 Et le Nouveau Testament dit expressément que le nom a été reçu

Ce n’est pas seulement l’Ancien Testament qui fonctionne ainsi. Le Nouveau le dit en toutes lettres.

Hébreux 1:4, il est devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur.

Le grec porte keklèronomèken, il a hérité. On n’hérite que de ce qu’on reçoit d’un autre.

Philippiens 2:9, c’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom.

Actes 2:36, Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié.

Trois verbes, et tous les trois disent la même chose. Hérité. Donné. Fait.

🌟 Le Nouveau Testament ne dit jamais qu’il possédait ce nom. Il dit qu’il l’a reçu.

🩵 Et le verset qu’on m’oppose le plus se retourne

Hébreux 1:8 est le texte qu’on me cite en premier, et je ne vais pas l’esquiver. Mais il a dit au Fils, ton trône, ô Dieu, est éternel.

C’est une citation du Psaume 45, adressé à l’origine à un roi d’Israël, le jour de ses noces.

Mais surtout, lis le verset suivant, car la citation ne s’arrête pas là.

Hébreux 1:9, c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux.

Celui qu’on appelle ô Dieu au verset 8 a lui-même un Dieu au verset 9. Et ce Dieu l’oint, ce qui suppose qu’il le place et l’établit.

Le texte pose donc la limite tout seul, dans la phrase qui suit.

🩵 Ce que je ne dis pas

Je veux être exact, car l’exactitude vaut mieux que la force.

Je ne dis pas que ce raisonnement règle à lui seul toute la question. Il reste des textes à examiner, et j’en examinerai.

Je ne dis pas non plus que le mot Dieu ne signifie jamais rien. Il signifie beaucoup, et il est donné à qui Dieu veut le donner.

Je dis une chose, et elle est vérifiable en dix minutes. L’argument selon lequel le mot Dieu, appliqué à quelqu’un, établirait sa nature divine, ne tient pas, parce que l’Écriture applique ce mot à Moïse, à des juges mortels et à une ville, sans qu’aucun d’eux ne soit Dieu.

Une preuve qui prouverait aussi la divinité de Moïse ne prouve rien du tout.

🩵 Et je ne le rabaisse pas

Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit.

Je n’affirme pas que Jésus-Christ porte ce titre au même rang que Moïse, ni au même rang que les juges du Psaume 82. Ce serait absurde, et le texte ne le permet pas.

Regarde la distance. Moïse fut fait dieu pour un seul homme, Pharaon, et pour un temps. Les juges du psaume sont repris parce qu’ils jugeaient mal, et le psaume leur annonce la mort. Jérusalem est une ville qui porte un nom de promesse.

Et lui ? Il a reçu un trône, Hébreux 1:8. Un royaume qui ne finira pas, Daniel 7:14. Un nom au-dessus de tout nom, Philippiens 2:9. Toute autorité au ciel et sur la terre, Matthieu 28:18. Et devant lui tout genou fléchira.

La distance entre lui et tous les autres est incommensurable.

Mais elle est une distance de dignité reçue, non une différence de nature.

Et voilà pourquoi mon propos ne retire rien au Christ. Il ne touche pas à sa personne, il touche à un raisonnement. Ce raisonnement dit qu’être appelé Dieu prouve qu’on est Dieu. Or il vaudrait alors pour Moïse.

Il ne vaut pas pour Moïse. Il ne peut donc pas suffire pour Jésus-Christ.

🌟 Je ne conteste pas le titre qu’on lui donne. Je conteste seulement la conclusion qu’on en tire.

🩵 Ce que cela change

Retire un instant l’idée que ce mot dise une nature, et relis les mêmes versets.

Tu verras alors ce que le texte fait réellement. Il montre un Dieu qui donne. Un Dieu qui nomme, qui établit, qui oint, qui élève, qui confère une dignité à ceux qu’il choisit.

Et tu verras aussi ce que cela fait de Jésus-Christ. Non pas un être qui possédait tout d’avance, mais un homme que Dieu a exalté, à qui il a donné un nom au-dessus de tout nom, et devant qui tout genou fléchira.

Philippiens 2:11 en donne la finalité, et elle est claire. Afin que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Même au sommet de son élévation, la gloire remonte à celui qui la lui a donnée.

🌟 Un nom reçu honore deux personnes, celui qui le porte et celui qui l’a donné.

🩵 Ce que je te demande

Ne me crois pas sur parole. Ce serait la pire chose que tu puisses faire.

Ouvre quatre versets ce soir. Cela te prendra dix minutes.

Exode 7:1. Qui est appelé Dieu, et par qui.

Psaume 82:6 et 7. Qui est appelé dieux, et ce qu’il leur arrive.

Jérémie 23:6, puis Jérémie 33:16. Qui porte le nom de l’Éternel notre justice.

Hébreux 1:8, puis lis le verset 9 sans t’arrêter.

Puis pose-toi cette question. Si ce mot suffisait à établir une nature divine, combien de dieux faudrait-il compter dans la Bible ?

🌟 Dans l’Écriture, être appelé Dieu n’a jamais voulu dire être Dieu. Cela a toujours voulu dire avoir été établi par lui.

Serge le prédicateur t’encourage 🩵

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