Jean 17:5, la ‘gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût’ : Jésus possédait-il cette gloire, ou le Père la lui réservait-il ?
Jean 17:5, la ‘gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût’ : Jésus possédait-il cette gloire, ou le Père la lui réservait-il ?
Jean 17:5, la 'gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût' : Jésus possédait-il cette gloire, ou le Père la lui réservait-il ?

Jean 17:5, la ‘gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût’ : Jésus possédait-il cette gloire, ou le Père la lui réservait-il ?

Publication du 3 septembre 2026

Sous ma dernière publication sur les mots de Jean, un lecteur a posé cette question, en citant simplement le verset : « La gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût ? » Je le remercie, parce que c’est la bonne question. Jean 17:5 est sans doute le verset le plus fort qu’on puisse avancer pour une préexistence littérale de Jésus, et il mérite une réponse complète, utile à tous, plutôt qu’une réplique de deux lignes.

Lire la précédente publication : https://www.sergelepredicateur.com/venu-dans-le-monde-envoye-de-dieu-descendu-du-ciel/

Voici le verset en entier : « Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût » (Jean 17:5).

Lu seul, il semble dire que Jésus a possédé une gloire au ciel, l’a quittée, et demande à la récupérer. Lu dans sa prière, dans l’Évangile de Jean, et dans la manière hébraïque de parler de ce que Dieu a décidé, il dit autre chose, et quelque chose de plus beau.

🩵 La gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût : Un verset qu’il faut lire dans sa prière

Jean 17 est une seule prière, d’un seul souffle. Et dans cette prière, tout ce que Jésus possède, il le reçoit. Écoutez le vocabulaire.

« Tu lui as donné pouvoir sur toute chair » (17:2). « L’œuvre que tu m’as donnée à faire » (17:4). « Les hommes que tu m’as donnés » (17:6). « Les paroles que tu m’as données » (17:8). « Ton nom, que tu m’as donné » (17:11). Et sur la gloire elle-même : « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée » (17:22). « Tu m’as donné la gloire, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde » (17:24).

La gloire de Jean 17:5 n’est donc pas une gloire que Jésus possédait par lui-même de toute éternité. C’est une gloire que le Père lui a donnée. Et Jésus dit lui-même quand elle a été décidée : parce que le Père l’a aimé avant la fondation du monde. L’amour du Père pour son Fils précède le monde ; la gloire promise à ce Fils précède le monde ; c’est de cela que parle le verset 5.

🌟 Dans la prière de Jean 17, Jésus ne réclame pas un bien qu’il aurait possédé, il demande au Père d’accomplir ce que le Père lui a donné et destiné avant que le monde fût.

🩵 Le passé du plan de Dieu

Les Hébreux avaient une manière de parler que nous avons perdue. Quand Dieu a décidé une chose, ils en parlent au passé, comme déjà faite, déjà possédée, déjà existante au ciel. Le théologien anglican E. G. Selwyn l’a résumé en une phrase : « Quand le Juif voulait désigner quelque chose comme prédestiné, il en parlait comme existant déjà au ciel. »

La Bible en est remplie. Dieu dit à Jérémie : « Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais » (Jérémie 1:5). Jérémie n’existait pas encore, mais Dieu le connaissait. Paul écrit que Dieu « nous a élus en lui avant la fondation du monde » (Éphésiens 1:4). Nous n’existions pas, mais nous étions élus. Il écrit que la grâce « nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels » (2 Timothée 1:9). Donnée avant les temps, à des gens qui n’étaient pas nés.

Et voici le plus frappant. Paul écrit des croyants : « Ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Romains 8:30). Glorifiés, au passé. Sommes-nous déjà glorifiés ? Non, nous attendons encore cette gloire (Romains 8:18). Mais dans le plan de Dieu, c’est fait, alors Paul l’écrit au passé.

C’est exactement la grammaire de Jean 17:5. « La gloire que j’avais auprès de toi » : une gloire décidée, réservée, tenue pour acquise dans le dessein de Dieu, avant que le monde fût. Comme l’agneau « immolé dès la fondation du monde » (Apocalypse 13:8) n’avait pas encore versé son sang. Comme celui qui fut « prédestiné avant la fondation du monde, et manifesté à la fin des temps » (1 Pierre 1:20).

🌟 Jérémie connu avant d’être formé, les croyants élus avant la fondation du monde et déjà « glorifiés » : quand Dieu a décidé, la Bible parle au passé. Jean 17:5 parle cette langue-là.

🩵 Une gloire « auprès de toi », c’est-à-dire réservée chez le Père

Regardez aussi l’expression « auprès de toi ». Dans le Nouveau Testament, ce qui est « auprès de Dieu » ou « dans les cieux » désigne très souvent ce que Dieu nous garde, et que nous n’avons pas encore.

« L’espérance qui vous est réservée dans les cieux » (Colossiens 1:5). « Un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux » (1 Pierre 1:4). « La couronne de justice m’est réservée » (2 Timothée 4:8). « Vous aurez un trésor dans le ciel » (Matthieu 19:21). Ces choses existent « au ciel », « auprès de Dieu », non parce que nous y sommes allés les déposer, mais parce que Dieu les tient en réserve pour nous.

Quand Jésus dit « la gloire que j’avais auprès de toi », il parle d’une gloire que le Père gardait pour lui, chez lui, depuis avant le monde. Il ne dit pas « la gloire que j’avais quand j’étais auprès de toi ». Il dit que cette gloire était auprès du Père, en réserve, et il demande maintenant, son œuvre achevée (17:4), que le Père la lui donne.

🌟 Une gloire « auprès du Père » est une gloire que le Père garde, comme il garde notre héritage et notre couronne, pas la preuve que celui qui la recevra vivait déjà là-haut.

🩵 Une gloire demandée au futur, et reçue après la croix

Jésus ne dit pas « rends-moi ». Il dit « glorifie-moi ». Il demande quelque chose qui n’a pas encore eu lieu. Et Jean lui-même nous dit où en était Jésus à ce moment : « Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean 7:39). Puis : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié » (Jean 12:23). Cette heure, c’est la croix et la résurrection.

Le reste du Nouveau Testament raconte quand et pourquoi cette gloire lui fut donnée. Pierre prêche : « Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus » (Actes 3:13). Il écrit : Dieu « l’a ressuscité des morts et lui a donné la gloire » (1 Pierre 1:21). L’épître aux Hébreux dit qu’il fut « couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte » (Hébreux 2:9). Paul écrit : parce qu’il s’est humilié jusqu’à la mort de la croix, « c’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom » (Philippiens 2:8-9).

À cause de sa mort. C’est pourquoi. Une gloire donnée en récompense d’une obéissance n’est pas une gloire qu’on récupère après l’avoir mise de côté. On ne récompense pas quelqu’un en lui rendant ce qu’il possédait déjà. Si Jésus avait eu de toute éternité cette gloire par lui-même, la croix ne lui aurait rien valu. Or la Bible dit qu’elle lui a tout valu.

🌟 Jésus demande sa gloire au futur, Jean précise qu’il ne l’avait pas encore, et les apôtres disent que Dieu la lui a donnée à la résurrection, à cause de sa mort. La gloire d’avant le monde, c’est celle qui l’attendait au bout de son obéissance.

🩵 La même prière nous parle de la même façon

Ce qui achève de me convaincre, c’est que Jésus emploie pour ses disciples le même langage que pour lui-même, dans la même prière. « Ils étaient à toi, et tu me les as donnés » (17:6) : ils étaient au Père avant même de connaître Jésus. « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée » (17:22) : donnée, au passé, alors qu’ils vont tous fuir quelques heures plus tard. « Je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée » (17:24).

Personne n’en conclut que les disciples préexistaient au ciel. Tout le monde comprend que Jésus parle depuis le plan de Dieu, où ce qui est décidé est déjà donné. Il faut lire le verset 5 comme on lit le verset 22, parce que c’est la même bouche, la même prière et la même manière de penser.

Et c’est là que tout devient beau. Cette gloire, le Père ne la réservait pas à un être céleste de passage sur la terre. Il la réservait à un homme, son Fils, né de Marie, l’un de nous, « le premier-né entre plusieurs frères » (Romains 8:29). Et parce qu’elle a été donnée à un homme, elle peut nous être donnée à nous, ses frères : « héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui » (Romains 8:17).

🌟 Jean 17:5 ne prouve pas que Jésus vivait au ciel avant sa naissance. Il révèle que, avant le monde, le Père avait déjà décidé la gloire de son Fils, et qu’il l’a couronné de cette gloire quand il eut achevé son œuvre. Cette gloire d’un homme est notre espérance.

Serge le prédicateur t’encourage 🩵

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