On a conclu à sa place, et il n’a pas confirmé
Il y a dans l’évangile de Marc une scène où quelqu’un tire la conclusion que des millions de chrétiens tirent encore aujourd’hui. Et ce jour-là, Jésus-Christ ne l’a pas confirmée.
Lis Marc 2:1-12 lentement. Toute la question est là.
Le raisonnement des scribes
Un paralytique est descendu par le toit. Jésus lui dit, mes péchés te sont pardonnés.
Et voici la réaction, Marc 2:6-7, il y avait là quelques scribes, et ils raisonnaient dans leurs cœurs, pourquoi cet homme parle-t-il ainsi, il blasphème, qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul.
Arrête-toi sur cette phrase. Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul.
C’est un syllogisme. Dieu seul pardonne. Cet homme pardonne. Donc cet homme se fait Dieu.
Et ce syllogisme n’est pas dans la bouche de Jésus. Il est dans le cœur des scribes. C’est leur raisonnement, pas son enseignement.
Le texte nous rapporte une conclusion humaine avant de nous rapporter la réponse de Jésus. Ne confonds jamais les deux.
Ce que Jésus répond
Il connaît leur raisonnement, et il le nomme. Marc 2:8, pourquoi raisonnez-vous ainsi dans vos cœurs.
Voilà le moment. Ils viennent de formuler l’inférence eux-mêmes. Il lui suffit d’un mot pour l’approuver. Un seul oui, et tout est dit.
Il ne le dit pas.
Marc 2:10, or afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés.
Il ne dit pas afin que vous sachiez que je suis Dieu. Il dit le Fils de l’homme. Il prend la conclusion qu’on lui tend, et il la remplace par une autre.
Devant l’occasion la plus favorable qui soit, Jésus-Christ n’a pas confirmé qu’il était Dieu. Il a parlé du Fils de l’homme.
Et la foule, qu’a-t-elle compris
Nous ne sommes pas obligés de deviner. Matthieu rapporte la même scène, et il rapporte la réaction des témoins.
Matthieu 9:8, la foule, voyant cela, fut saisie de crainte et glorifia Dieu, qui avait donné une telle autorité aux hommes.
Lis bien. Ils ne glorifient pas Jésus comme Dieu. Ils glorifient Dieu, qui donne. Et l’autorité est dite donnée aux hommes, au pluriel.
Ceux qui étaient présents, qui ont tout vu, ont conclu à une autorité reçue et non à une divinité découverte.
Et cette autorité, Jésus la transmettra lui-même. Jean 20:23, ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés.
Une autorité qui se donne et qui se transmet ne peut pas servir de preuve de divinité.
Le titre qu’il a choisi
Fils de l’homme. C’est le titre qu’il emploie le plus souvent pour lui-même, et c’est celui qu’il choisit précisément ici.
Dans les Écritures, cette expression désigne l’homme dans sa condition.
Ecclésiaste 3:19-20, le sort des fils de l’homme et le sort de la bête sont un même sort, tous vont au même lieu, tous viennent de la poussière et tout retourne à la poussière.
Ézéchiel, plus de quatre-vingt-dix fois, Dieu s’adresse au prophète en l’appelant fils d’homme, pour lui rappeler qui parle et qui écoute.
Nombres 23:19, Dieu n’est point un homme pour mentir, ni fils d’un homme pour se repentir.
Ce verset met les deux termes face à face. Dieu d’un côté, fils d’homme de l’autre. Et Jésus-Christ a choisi le second.
Ce que nous devons en retenir
Les scribes ont raisonné, et leur raisonnement est resté un raisonnement.
Devant l’occasion la plus favorable qui soit, il a choisi un autre titre que celui qu’on lui tendait.
La foule n’a pas conclu à un Dieu. Elle a glorifié Dieu pour une autorité donnée aux hommes.
Et cette autorité, il l’a ensuite confiée à ses disciples.
Quand tu liras ce passage, souviens-toi de ceci. Le seul endroit du récit où il est question d’un homme qui se ferait Dieu, c’est dans le cœur des scribes.
Ce que les hommes ont conclu à sa place, Jésus-Christ ne l’a jamais confirmé.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




