Publication du 9 août 2026
Je veux te montrer aujourd’hui quelque chose que j’ai vérifié moi-même, et que tu peux vérifier ce soir sans me croire sur parole. C’est un fait d’histoire, il est daté, il est documenté, et il change la lecture du premier chapitre de Jean.
Le fait, d’abord – Par elle pas par Lui
Jean 1:3 dit que toutes choses ont été faites par la parole. La question est de savoir comment on traduit ce « par ».
Ouvre n’importe quelle Bible moderne, tu liras « par lui ». Un pronom personnel masculin, qui désigne quelqu’un, une personne, un être distinct.
Or regarde ce que faisaient les traducteurs anglais avant la King James de 1611.
William Tyndale, en 1526, traduit « par elle », en parlant de la parole.
Miles Coverdale en 1535, la Bible de Matthew en 1537, la Bible de Taverner en 1539, la Grande Bible de Cranmer en 1539, la Bible de Whittingham en 1557, la Bible de Genève en 1560, la Bible des Évêques en 1568, toutes disent la même chose.
Huit traductions majeures. Quatre-vingt-cinq ans de travail sur le texte grec. Pas une seule qui écrive « par lui ».
Le masculin de Jean 1:3 n’est pas la lecture de la Réforme, il est apparu après elle.
Qui étaient ces hommes
Il faut savoir de qui l’on parle, parce que ce n’est pas une bande de marginaux.
Tyndale a été étranglé puis brûlé sur le bûcher en 1536 pour avoir donné la Bible aux anglophones. Il est mort pour ce petit livre.
La Bible de Genève est la Bible de la Réforme protestante, celle des puritains, celle qui a traversé l’Atlantique avec eux. La Bible des Évêques est la Bible officielle de l’Église d’Angleterre.
Ce ne sont donc pas des hommes qu’on puisse soupçonner de vouloir abaisser le Christ. Ce sont des trinitaires convaincus, qui traduisaient le grec avec les manuscrits qu’ils avaient, et qui rendaient le texte ainsi.
Quand des hommes prêts à mourir pour un texte le traduisent d’une certaine manière, cela mérite au moins qu’on les écoute.
L’objection, et pourquoi elle ne tient pas
On me répondra que le mot anglais pour parole est un mot neutre, et que ces traducteurs suivaient simplement la grammaire de leur langue. L’objection est sérieuse et je ne la balaie pas.
Mais regarde le verset 14, chez ces mêmes traducteurs, dans la même page, dans le même paragraphe. Ils écrivent que la parole a été faite chair, et ils parlent aussitôt de la gloire du Fils unique engendré du Père.
Au verset 3, la parole. Au verset 14, le Fils. Ces hommes distinguaient parfaitement les deux, et ils ne les confondaient pas.
Ils n’ont pas hésité par ignorance, ils ont distingué par rigueur.
Ce qu’un érudit trinitaire a reconnu
Colin Brown, professeur au Fuller Theological Seminary, trinitaire déclaré, écrit dans son étude sur la Trinité et l’incarnation que c’est une erreur de lecture courante et flagrante que de lire le début de l’Évangile de Jean comme s’il disait, au commencement était le Fils, et le Fils était avec Dieu, et le Fils était Dieu.
Il explique que l’on a substitué le Fils à la Parole, et que le Fils s’est ainsi trouvé fait membre d’une divinité existant dès le commencement.
Ce n’est pas moi qui l’écris. C’est un homme qui défend la Trinité, et qui reconnaît malgré tout que cette lecture-là force le texte.
Quand un défenseur reconnaît la faiblesse de sa propre place forte, l’honnêteté demande qu’on l’entende.
Ce qu’est la parole de Dieu dans les Écritures
Et voici le cœur de la question, car tout dépend de ce que l’on entend par la parole.
La parole de Dieu, dans toute la Bible, c’est ce qui sort de sa bouche. C’est son expression, son prolongement, sa manière d’agir. Dieu parle, et la chose arrive.
En Genèse 1, Dieu ne convoque personne, il ne s’adresse à aucun associé. Il dit, et cela est. Que la lumière soit, et la lumière fut.
Le Psaume 33:6 le formule exactement, les cieux ont été faits par la parole de l’Éternel, et toute leur armée par le souffle de sa bouche. La parole et le souffle, mis côte à côte, disent une seule et même chose, Dieu qui s’exprime.
Ésaïe 55:11 dit que la parole sortie de sa bouche ne revient pas à lui sans effet, mais qu’elle accomplit ce pour quoi il l’a envoyée.
La parole n’est jamais l’associé de Dieu, elle est Dieu s’exprimant, et l’effet suit immédiatement.
Le procédé que la tradition n’a pas reconnu
L’Écriture fait souvent parler ce qui ne parle pas, et cela s’appelle une personnification.
Prends Proverbes 8. La sagesse y prend la parole, elle appelle, elle se tient au sommet des hauteurs, aux portes de la ville, elle dit qu’elle était là avant les collines. Elle parle à la première personne pendant tout un chapitre.
Et personne, dans aucune église du monde, n’a jamais conclu qu’il existait une personne divine nommée Sagesse, coéternelle au Père. Tout le monde reconnaît sans difficulté qu’il s’agit d’une figure de style.
Jean ouvre son évangile en faisant pour la parole ce que les Proverbes font pour la sagesse. Le procédé est le même, la langue est la même, l’intention est la même.
La tradition a lu une figure de style comme une identité, et de cette lecture est née une seconde personne divine que le texte n’annonçait pas.
Et le verset 14, alors
Je n’esquive pas Jean 1:14, qui dit que la parole a été faite chair. Le verset est écrit, il est dans tous les manuscrits, et mes huit Bibles de la Réforme le portent aussi.
Mais il faut regarder le verbe. Le grec emploie ici le même verbe que Jean utilise huit versets plus haut, au verset 6, pour dire qu’il y eut un homme envoyé de Dieu, dont le nom était Jean. Ce verbe dit qu’une chose advient, qu’elle prend existence, qu’elle s’accomplit. Il ne dit pas qu’une substance se change en une autre.
Je le lis donc ainsi, ce que Dieu avait dit est advenu en chair. Non pas un être qui descend et prend un corps, mais Dieu qui parle et qui, par la puissance de son esprit, engendre un homme du sein de Marie.
C’est la lecture que je défends, et je te la donne comme telle, avec le verset sous les yeux et le verbe dans le texte, afin que tu juges par toi-même.
Ce n’est pas la parole qui se transforme, c’est Dieu qui accomplit ce qu’il avait dit.
Deux autres endroits où le texte a été touché
Puisque nous parlons de traduction, il faut être complet, et dire aussi que la main de l’homme est passée ailleurs.
1 Timothée 3:16 est lu dans la King James comme, Dieu a été manifesté en chair. Les traductions modernes, appuyées sur les manuscrits les plus anciens, portent, celui qui a été manifesté en chair. La différence dans le grec est celle de deux lettres, et les plus anciens témoins ne portent pas le mot Dieu.
1 Jean 5:7, dans sa forme longue avec le Père, la Parole et le saint esprit qui seraient un, ne se trouve dans aucun manuscrit grec ancien. Les érudits trinitaires eux-mêmes le reconnaissent, et les traductions modernes l’ont retiré ou renvoyé en note.
Et dans la King James, en 1 Jean 3:16, le mot Dieu est en italique, ce qui signifie, de l’aveu même des traducteurs, qu’il ne se trouve pas dans le texte original et qu’ils l’ont ajouté.
Les italiques de la King James sont une honnêteté que ses traducteurs nous ont laissée, et il suffit de les regarder pour voir ce que le texte disait vraiment.
Ce que je retiens, et ce que je te laisse
Je ne dis pas que nos Bibles sont mauvaises. Je les aime, je les lis chaque jour, et je crois que Dieu a gardé sa parole.
Je dis simplement ceci, que la lecture qui fait de la parole une personne préexistante distincte du Père n’est pas la lecture des hommes de la Réforme, qu’elle apparaît tardivement, et qu’un érudit trinitaire reconnaît lui-même qu’elle substitue le Fils à la Parole.
Et si l’on ôte cette substitution, tout le reste s’accorde. Un seul Dieu, le Père, qui a parlé, et qui a engendré un Fils du sein de Marie par la puissance de son esprit.
Ce n’est pas le Fils qui était au commencement auprès de Dieu, c’est Dieu lui-même qui parlait, et ce Dieu a engendré un Fils au temps marqué.
Prends ta Bible ce soir, ouvre Jean 1, et lis les versets 1 à 14 en te demandant simplement de quoi le texte parle avant le verset 14. Puis reste avec ce que tu auras vu.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




