Il y a un moment unique dans toute l’histoire de la foi chrétienne. Un moment qu’on ne pourra jamais reproduire, et qu’on ne peut pas contourner.
Le tout premier sermon prêché publiquement après la résurrection.
Jusque-là, il fallait se taire. Matthieu 16:20, Jésus recommanda sévèrement à ses disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. Même Pierre, qui venait de le confesser, avait reçu l’ordre du silence.
Et voici qu’à la Pentecôte, l’interdit tombe. Le même Pierre se lève devant des milliers de Juifs pieux, et pour la première fois, l’Église dit publiquement qui est Jésus.
Plus rien n’est retenu. Plus rien n’est réservé. Tout peut être dit.
Alors écoutons ce qu’il dit.
Le premier mot
Actes 2:22. Hommes israélites, écoutez ces paroles. Jésus de Nazareth, cet homme approuvé de Dieu devant vous par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.
Le grec porte ‘anēr’, un homme, un homme adulte. Pas un terme vague, pas une figure de style.
Et regarde comment Pierre explique les miracles. Non pas il a fait des miracles. Mais que Dieu a faits par lui.
Le premier sermon de l’Église attribue les œuvres du Christ à Dieu opérant par lui.
Pierre avait le monde entier à convaincre, il avait tout le champ libre, et son premier mot pour désigner Jésus a été le mot homme.
Ce qui suit, verset après verset
Actes 2:23, cet homme, livré selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir.
Encore l’homme. Et livré, donc reçu d’un autre.
Actes 2:24, Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort.
Dieu l’a ressuscité. Pas il s’est ressuscité.
Actes 2:32, c’est ce Jésus que Dieu a ressuscité, nous en sommes tous témoins.
Encore une fois. Pierre le répète, comme s’il voulait qu’on ne se trompe pas de sujet.
Actes 2:33, élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu.
Arrête-toi sur ce verset, il est décisif. Élevé par un autre. Et surtout, il a ‘reçu’ du Père.
Celui qui reçoit n’est pas celui qui donne.
Et le verset que Pierre choisit de citer
Voici ce que je trouve le plus remarquable dans tout ce sermon.
Pierre doit prouver aux Écritures que Jésus est bien celui qu’il annonce. Il a toute la Bible hébraïque à sa disposition. Quel verset choisit-il ?
Actes 2:34-35, il cite le Psaume 110:1. Le Seigneur a dit à mon Seigneur, assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.
Le verset le plus cité de tout l’Ancien Testament dans le Nouveau. Et c’est précisément un verset où deux sont distingués.
L’un parle, l’autre reçoit l’invitation. L’un fait asseoir, l’autre s’assied. L’un soumet les ennemis, l’autre attend.
Pierre choisit, pour son sermon inaugural, le verset qui sépare le plus nettement celui qui donne de celui qui reçoit.
Pour prouver qui est Jésus, l’apôtre cite un texte qui pose deux personnes distinctes, et non une seule.
La conclusion du sermon
Actes 2:36, que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
Voilà le sommet. Le point d’arrivée de toute la démonstration. La phrase que Pierre veut que ses auditeurs retiennent.
Dieu l’a fait. Le grec porte ‘epoiēsen », il a fait, il a établi.
Seigneur et Christ. Deux titres.
Pas trois. Pas un autre. Seigneur et Christ.
Et si Seigneur signifiait Dieu, il faudrait lire que Dieu a fait Dieu, ce qui n’a aucun sens.
Le premier sermon de l’Église s’ouvre sur le mot homme et se referme sur Dieu l’a fait Seigneur et Christ. Entre les deux, pas une seule fois autre chose.
Ce que ce silence signifie
On me dira que Pierre ne disait pas tout, qu’il ménageait son auditoire juif, que la révélation viendrait plus tard.
Mais réfléchis à ce que cela impliquerait.
Ce jour-là, l’interdit du silence venait de tomber. Trois mille personnes allaient être baptisées. Ces gens repartiraient dans tout l’empire en emportant ce message, comme le montre la suite du livre.
C’était le moment de tout dire. Et si la divinité de Jésus était le cœur de la foi, c’était là qu’il fallait la prêcher.
Elle n’y est pas.
Et ce n’est pas un accident de ce sermon-là. Ouvre les suivants. Actes 3:13, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob a glorifié son serviteur Jésus. Actes 3:26, Dieu, ayant suscité son serviteur, l’a envoyé. Actes 10:38, Dieu a oint d’Esprit et de puissance Jésus de Nazareth, car Dieu était avec lui. Actes 17:31, il jugera le monde par un homme qu’il a désigné.
Le vocabulaire ne varie jamais.
Les deux versets qu’on va m’opposer, et ils sont dans ce chapitre
Je ne veux en écarter aucun.
Actes 2:21. Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Pierre cite Joël, où le nom est celui de YHWH, et il applique ensuite ce salut à Jésus. C’est vrai, et c’est un vrai argument.
Mais regarde ce que Pierre en conclut lui-même, quinze versets plus loin. Il ne dit pas donc Jésus est YHWH. Il dit, verset 36, Dieu l’a fait Seigneur. C’est l’apôtre lui-même qui tire la conclusion de sa propre citation, et il conclut à une seigneurie donnée.
Actes 2:38. Que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ. Le baptême est bien administré en son nom, je ne le nie pas.
Mais être baptisé au nom de quelqu’un signifie être placé sous son autorité, lui appartenir. Et cette autorité, le verset 36 vient précisément de dire d’où elle vient. Dieu l’a fait Seigneur.
Pourquoi cela compte pour toi
Ce n’est pas une question d’école.
Si Pierre a prêché un homme, alors ce qu’il a annoncé ce jour-là est à ta portée.
Un homme approuvé de Dieu. Un homme livré. Un homme que Dieu a ressuscité. Un homme élevé et fait Seigneur. Un homme qui a reçu l’Esprit et qui l’a répandu.
Et le verset suivant te concerne directement. Actes 2:38, vous recevrez le don du Saint-Esprit. Actes 2:39, car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin.
Ce qu’il a reçu, il le répand. Ce qui lui a été donné, il le donne.
Un frère aîné ouvre un chemin où ses frères peuvent le suivre.
Ce que je te demande
Ne me crois pas sur parole. Ce serait la pire chose que tu puisses faire.
Ouvre Actes 2 et lis du verset 22 au verset 36. Quinze versets, cinq minutes.
Note chaque fois que Dieu est le sujet du verbe, et chaque fois que Jésus reçoit.
Puis pose-toi cette question. Si le premier prédicateur de l’Église, au premier jour, devant la première foule, avec l’ordre du silence enfin levé, n’a pas dit cette chose, qui a décidé ensuite qu’elle était indispensable ?
Ce que Pierre a prêché ce jour-là est écrit. Le reste est venu après, et par des hommes.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




