Publication du 9 août 2026
Je veux poser aujourd’hui une démonstration simple, tranquille, et entièrement tirée du texte. La question est celle-ci, si Dieu le Père a engendré le Fils dans le sein de Marie, est-ce que cela fait de Jésus une nouvelle divinité, un deuxième Dieu apparu dans l’histoire ? Je réponds non, et je vais montrer pourquoi, verset après verset.
La conclusion est écrite dans le verset lui-même
Luc 1:35 est le texte qui décrit l’engendrement. L’ange dit à Marie que le saint esprit viendra sur elle, que la puissance du Très-Haut la couvrira de son ombre, et il ajoute cette conséquence, c’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.
Je demande qu’on relise lentement. L’ange ne dit pas, c’est pourquoi il sera Dieu. Il ne dit pas, c’est pourquoi il sera la deuxième personne d’une divinité. Il dit, c’est pourquoi il sera appelé Fils de Dieu.
Le texte tire lui-même sa propre conclusion. Il n’y a rien à déduire, rien à supposer, rien à compléter. Quand l’Écriture énonce elle-même la conséquence de ce qu’elle vient de décrire, le lecteur n’a pas le droit d’en fabriquer une autre.
Là où le texte conclut, je conclus avec lui, et je m’arrête où il s’arrête.
La puissance de Dieu agit, elle ne se transmet pas
Voici le principe qui gouverne toute la démonstration. Quand la puissance de Dieu agit sur quelque chose, elle produit un effet, elle ne communique pas la nature divine à cet effet.
Dieu ordonne à Moïse de frapper le rocher d’Horeb, et l’eau jaillit, en Exode 17:6. Cette eau vient directement d’un acte de la puissance de Dieu. Personne n’a jamais adoré cette eau. Personne n’a jamais dit que cette eau était devenue divine parce que Dieu l’avait fait sortir du rocher.
Dieu fait tomber la manne du ciel, un pain que la terre n’a jamais produit, un pain d’origine entièrement divine. Israël l’a mangé pendant quarante ans. Aucun Israélite n’a jamais dit que ce pain était Dieu.
Le bâton d’Aaron, un bois mort et coupé, fleurit et produit des amandes en une nuit, en Nombres 17:8. Origine surnaturelle, effet miraculeux, et pourtant ce bâton reste un morceau de bois.
Dans toute l’Écriture, la puissance de Dieu produit sans jamais se transférer, elle fait exister sans jamais diviniser.
Adam, fils de Dieu, et pourtant pas Dieu
Voici le parallèle le plus fort, et je m’étonne qu’on l’entende si peu.
Adam n’a eu ni père ni mère. Il n’a pas été porté neuf mois. Il a été formé directement de la poussière par les mains de Dieu, et Dieu a soufflé lui-même dans ses narines un souffle de vie, en Genèse 2:7. Son origine est plus immédiate, plus directe, plus surnaturelle encore que celle de Jésus, car Jésus, lui, a été porté par une femme, il est né d’une femme, en Galates 4:4.
Et comment l’Écriture appelle-t-elle Adam ? Luc 3:38 remonte la généalogie et l’achève ainsi, fils d’Énos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu.
Adam est appelé fils de Dieu. Aucun croyant au monde n’a jamais conclu de ce titre qu’Adam était une divinité, ni qu’il avait une nature divine, ni qu’il fallait le compter parmi les dieux.
Si une origine directement divine ne fait pas d’Adam un dieu, elle ne fait pas non plus de Jésus un dieu, et le raisonnement qu’on refuse pour Adam, on ne peut pas l’imposer pour Christ.
Isaac, engendré par la promesse et par la puissance
Sara est stérile, son sein est mort, Abraham a près de cent ans et son corps est usé, Paul le dit sans détour en Romains 4:19. Humainement, Isaac ne pouvait pas exister. C’est la puissance de Dieu, et elle seule, qui l’a fait naître.
Hébreux 11:11 dit que c’est par la foi que Sara a reçu la puissance d’avoir une postérité, malgré son âge avancé.
Isaac est donc, au sens plein, un enfant produit par l’intervention de la puissance divine dans un corps humain. Et Isaac est un homme. Un homme entier, un homme véritable, un homme qui vieillit, qui devient aveugle et qui meurt.
L’intervention de la puissance de Dieu dans une naissance n’a jamais produit une divinité, elle a produit un homme, et Isaac en est la preuve écrite.
L’engendrement dans l’Écriture n’est pas un transfert de nature divine
On m’objecte le mot engendré, comme si ce mot portait à lui seul toute une doctrine. Alors regardons comment l’Écriture emploie ce vocabulaire.
Genèse 5:3 dit qu’Adam engendra un fils à sa ressemblance, selon son image. Les généalogies entières de la Genèse et de Matthieu sont bâties sur ce verbe. Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob. Le vocabulaire de l’engendrement est le vocabulaire ordinaire de l’Écriture pour la venue d’un fils.
Et il y a plus fort encore. Jean 1:13 dit des croyants qu’ils sont nés de Dieu. 1 Jean 5:1 dit que quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu. Jacques 1:18 dit que Dieu nous a engendrés par la parole de vérité.
Nous sommes donc nous aussi engendrés de Dieu. Aucun d’entre nous n’en devient une divinité. Aucun d’entre nous ne prétend avoir une nature divine parce qu’il est né de Dieu.
Si l’engendrement divin faisait des dieux, l’église entière serait un panthéon, et c’est précisément l’absurdité vers laquelle mène le raisonnement que je conteste.
Le ciel lui-même confirme, et il ne dit qu’une chose
Trente ans après la conception, Jésus sort de l’eau du Jourdain, et la voix vient du ciel. Elle ne vient pas d’un homme, elle ne vient pas d’un docteur de la loi, elle vient du Père lui-même. Et voici ce qu’elle dit, en Matthieu 3:17, celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.
Sur la montagne de la transfiguration, dans la gloire, devant Pierre, Jacques et Jean, la même voix redit exactement la même chose, en Matthieu 17:5, celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le.
Deux fois le ciel s’ouvre. Deux fois le Père parle. Deux fois il dit Fils, et jamais il ne dit Dieu.
Et le témoignage se retrouve jusque dans la bouche de ceux qui n’avaient aucun intérêt à le rendre. Les démons, qui savaient parfaitement à qui ils avaient affaire, crient en Marc 3:11 et en Luc 4:41, tu es le Fils de Dieu. Jamais tu es Dieu.
Le Père, l’ange, les apôtres et jusqu’aux démons emploient le même titre, et ce titre est Fils de Dieu.
Ce qu’il possède, il l’a reçu
Voici pourquoi la question de la divinité de Christ ne se règle pas au berceau. Tout ce que le Fils porte de gloire, l’Écriture dit qu’il l’a reçu.
Ésaïe 9:5 annonce le Messie et dit qu’on lui donnera un nom. Le titre est conféré, il n’est pas décrit comme une propriété qu’il détiendrait de lui-même.
Actes 2:36 dit que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. Le verbe est un verbe d’action, Dieu l’a fait, Dieu a agi, Dieu a établi.
Philippiens 2:9 dit que c’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au dessus de tout nom. Donné. Le mot est écrit.
Un titre reçu suppose quelqu’un qui le donne, et celui qui donne demeure au dessus de celui qui reçoit.
Un seul Dieu, et un homme médiateur
Paul écrit en 1 Corinthiens 8:6 qu’il n’y a pour nous qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses. Paul ne compte pas deux Dieux. Il nomme un seul Dieu, et il le nomme, c’est le Père.
Jésus lui même prie ainsi en Jean 17:3, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.
Et Paul écrit en 1 Timothée 2:5 qu’il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme.
Homme. Le mot est là, sous la plume de l’apôtre, et il n’a pas eu peur de l’écrire.
Dans la parole de Dieu, la divinité ne compte pas les dieux, elle en nomme un seul, et elle donne au Fils sa place véritable, à la droite de ce Dieu unique.
Ce que je retiens, et ce que je te laisse
L’engendrement du Fils dans le sein de Marie est un acte réel, historique, daté, accompli par la puissance du Très-Haut. Je ne le diminue en rien. Je le tiens pour le plus grand acte de la puissance de Dieu dans l’histoire des hommes.
Mais cet acte a produit exactement ce que l’ange avait annoncé, un Fils. Pas un second Dieu. Pas une divinité nouvelle apparue au premier siècle. Un Fils, véritablement fils, véritablement homme, engendré du Père, ressuscité et glorifié, assis aujourd’hui à la droite de son Dieu et de notre Dieu.
Et c’est précisément parce qu’il est vraiment homme qu’il peut être notre médiateur, notre frère, notre grand souverain sacrificateur qui a été éprouvé en toutes choses comme nous.
Ôte au Fils sa qualité de Fils, et tu lui ôtes en même temps la place qu’il occupe pour toi devant le trône.
Lis Luc 1:35 ce soir, crayon en main, et demande toi honnêtement quelle conclusion le texte tire lui même. Puis reste avec cette conclusion là.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




