Dieu par nature divine, et dieu par délégation du Père – Partie 2/2
Dieu par nature divine, et dieu par délégation du Père – Partie 2/2
Dieu par nature divine, et dieu par délégation du Père

Dieu par nature divine, et dieu par délégation du Père – Partie 2/2

Dans ma publication précédente, j’ai montré que l’Écriture applique le mot Dieu à Moïse, à des juges mortels et même à une ville. On m’a répondu, non sans raison, que cela ne suffit pas. Si le mot peut désigner n’importe qui, il ne veut plus rien dire.

La remarque est juste, et j’y réponds aujourd’hui.

Non, le mot ne désigne pas n’importe qui. L’Écriture ne l’emploie pas au hasard. Elle distingue très nettement deux manières d’être appelé Dieu, et elle nous donne les moyens de savoir laquelle est en jeu.

Il y a celui qui est Dieu par nature. Et il y a ceux que le Père établit.

🩵 Paul lui-même fait ce tri

Ce n’est pas moi qui invente cette distinction. Paul l’énonce en toutes lettres.

1 Corinthiens 8:5-6. Car s’il y a des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses.

Regarde ce que fait Paul dans cette seule phrase.

Il reconnaît que le mot dieu s’applique à d’autres. Il l’admet sans détour, il y a des êtres qui sont appelés dieux.

Puis il pose la limite. Pour nous, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père.

Et il place Jésus-Christ dans cette phrase, du côté du Seigneur, avec une préposition différente. De qui, pour le Père. Par qui, pour le Fils.

🌟 L’apôtre savait parfaitement que le mot pouvait être porté par plusieurs. C’est pourquoi il a pris soin de dire, pour nous, il n’y en a qu’un.

🩵 Le premier sens, Dieu par nature

Comment l’Écriture parle-t-elle de celui-là ? Toujours de la même façon, et le vocabulaire ne varie jamais.

Deutéronome 6:4, écoute Israël, l’Éternel notre Dieu est le seul Éternel.

Deutéronome 4:35, l’Éternel est Dieu, et il n’y en a point d’autre.

Ésaïe 44:6, je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n’y a point de Dieu.

Ésaïe 45:5, je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre, hors moi il n’y a point de Dieu.

Ésaïe 44:24, moi l’Éternel, j’ai fait toutes choses, seul j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre.

Note ce qui caractérise ces déclarations. Elles sont exclusives. Elles disent hors moi, point d’autre, seul.

Et note surtout ce qu’on ne trouve jamais à leur sujet.

Nulle part il n’est écrit que quelqu’un l’a établi. Nulle part qu’il a reçu un nom. Nulle part qu’il a été oint, exalté ou glorifié par un autre. Nulle part il n’a de Dieu au-dessus de lui.

🌟 Celui qui est Dieu par nature ne reçoit de personne. Tout part de lui.

🩵 Le second sens, dieu par délégation

Et maintenant l’autre usage, celui que j’ai montré la dernière fois.

Moïse, Exode 7:1, je te fais Dieu pour Pharaon.

Les juges d’Israël, Psaume 82:6, vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut.

Jérusalem, Jérémie 33:16, on l’appellera l’Éternel notre justice, du même nom qu’en Jérémie 23:6 le rejeton de David.

Que remarque-t-on chaque fois ?

Le titre est conféré par un autre. Il est donné pour une fonction et pour un temps. Celui qui le porte demeure soumis à celui qui le donne. Et il rend des comptes, puisque le Psaume 82 est précisément un réquisitoire contre ces juges.

Le verset 7 le dit sans ménagement, cependant vous mourrez comme des hommes.

🌟 Dans le premier sens, on est Dieu. Dans le second, on est fait dieu par lui.

🩵 Comment reconnaître lequel est en jeu

Voici la partie la plus utile, et je te la donne comme un outil que tu pourras appliquer toi-même à n’importe quel verset.

Cinq questions suffisent.

Ce personnage a-t-il reçu quelque chose d’un autre ?

A-t-il été établi, oint, envoyé, exalté ?

A-t-il un Dieu au-dessus de lui ?

Prie-t-il quelqu’un ?

Rend-il compte à quelqu’un ?

Si la réponse est oui à l’une seulement de ces questions, tu n’es pas devant le premier sens. Tu es devant un titre délégué.

Applique-les au Père. Cinq fois non. Il ne reçoit rien, il n’est établi par personne, il n’a pas de Dieu, il ne prie pas, il ne rend compte à personne.

Applique-les à Moïse. Cinq fois oui.

🩵 Et maintenant, applique-les à Jésus-Christ

C’est le moment de vérité, et je te demande de le faire honnêtement, verset par verset.

A-t-il reçu ? Hébreux 1:4, il a hérité d’un nom plus excellent. Jean 5:26, le Père lui a donné d’avoir la vie en lui-même. Matthieu 28:18, toute autorité m’a été donnée.

A-t-il été établi et oint ? Actes 2:36, Dieu l’a fait Seigneur et Christ. Actes 10:38, Dieu l’a oint d’Esprit et de puissance. Philippiens 2:9, Dieu lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom.

A-t-il un Dieu ? Jean 20:17, je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Apocalypse 3:12, quatre fois mon Dieu dans un seul verset, prononcé par le Christ glorifié. Hébreux 1:9, ton Dieu t’a oint. Éphésiens 1:17, le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ.

A-t-il prié ? Luc 6:12, il passa toute la nuit à prier Dieu. Marc 14:36, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Hébreux 5:7, avec de grands cris et des larmes.

Rend-il compte ? 1 Corinthiens 15:28, quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.

Cinq questions. Cinq fois oui, et chaque fois avec plusieurs versets.

🌟 Je n’ai pas choisi ces critères pour qu’ils donnent ce résultat. Ce sont les marqueurs que l’Écriture elle-même emploie, et ils rangent le Christ du côté de ceux à qui le Père confère.

🩵 Le verset qui ferme la démonstration

Reviens sur 1 Corinthiens 15:27-28, car Paul y prend une précaution extraordinaire.

Verset 27, Dieu a tout mis sous ses pieds. Puis Paul s’arrête pour ajouter une réserve, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté.

Il tient à préciser que celui qui donne n’est pas compris dans ce qui est donné.

Et verset 28, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.

Voilà le tableau final de l’histoire, tel que Paul le dessine. Non pas trois qui règnent, ni deux qui se partagent. Un Fils soumis, et Dieu tout en tous.

🩵 Les objections, et je ne les esquive pas

On me citera Jean 20:28, où Thomas dit à Jésus, mon Seigneur et mon Dieu. C’est le texte le plus difficile pour moi, et je le dis. Je note seulement que Jean, trois versets plus loin, en 20:31, formule le but de tout son évangile en ces termes, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu. S’il fallait tirer de Thomas la conclusion qu’on en tire, l’auteur l’aurait tirée lui-même trois versets après. Il en tire une autre.

On me citera Jean 1:1. Le mot theos y est sans article et placé avant le verbe, ce qui oriente vers la qualité plutôt que vers l’identification. C’est la lecture de Philip Harner dans le Journal of Biblical Literature, et celle de la New English Bible. Ce n’est pas une invention militante.

On me citera 2 Pierre 1:1 et Tite 2:13. Je reconnais que la construction grecque y est réellement discutée, et je ne prétendrai pas qu’il n’y a rien. Je note seulement que Tite 1:4 sépare Dieu le Père et Jésus-Christ notre Sauveur, et que 2 Pierre 1:2 distingue Dieu et Jésus notre Seigneur au verset suivant.

Ce que je peux dire sans crainte d’être repris, c’est que ces occurrences sont peu nombreuses, qu’elles reposent toutes sur une construction contestée, qu’aucune ne figure dans les Actes ni dans l’Apocalypse, et qu’aucune n’est jamais présentée comme une condition de la foi.

🩵 Ce que je ne dis pas

Je ne dis pas que le titre serait vide, ni honorifique. Il est réel, et il est immense.

Je ne dis pas que Jésus-Christ serait au rang de Moïse. Il a reçu un trône éternel, un royaume sans fin, toute autorité au ciel et sur la terre, et un nom devant lequel tout genou fléchira.

Je dis que la distinction existe dans l’Écriture, qu’elle est vérifiable, et que les marqueurs du texte rangent le Christ parmi ceux qui reçoivent, non parmi celui qui donne.

🩵 Ce que je te demande

Ne me crois pas sur parole. Prends les cinq questions et applique-les toi-même.

Prends le Père. Cherche un verset où il reçoit, où il est établi, où il a un Dieu, où il prie, où il rend compte.

Prends le Fils. Cherche s’il reçoit, s’il est établi, s’il a un Dieu, s’il prie, s’il rend compte.

Fais le travail toi-même, avec ta Bible, et personne ne pourra te reprendre le résultat.

🌟 Il y a celui de qui tout vient, et il y a ceux à qui tout est donné. L’Écriture n’a jamais confondu les deux.

Serge le prédicateur t’encourage 🩵

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