… et un abandon de la foi
Il y a dans la première épître de Jean une phrase que personne ne peut contourner. Celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur, parce qu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils, 1 Jean 5:10. Remarque bien ce que dit ce verset. Il ne parle pas de mal comprendre le témoignage, ni de l’interpréter autrement.
Il pose une alternative sans zone intermédiaire, recevoir le témoignage tel que Dieu l’a rendu, ou faire de Dieu un menteur. Il n’existe pas de troisième voie.
Or que dit ce témoignage ? Au Jourdain, la voix du Père déclare, celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection, Matthieu 3:17. Sur la montagne de la transfiguration, la même voix reprend, celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le, Marc 9:7.
Le Père ne dit pas, celui-ci est le second membre de la triade. Il ne dit pas, celui-ci porte le titre honorifique de Fils. Il dit Fils. Et Jésus lui-même ajoute son propre témoignage au témoignage du Père, je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde, Jean 16:28, deux témoins, conformément à la loi, Jean 8:18.
Ce que la doctrine officielle fait de ce témoignage
La doctrine trinitaire adoptée par l’Église adventiste après 1980 répond à ce témoignage par une requalification. Dans l’article A Question of Sonship du Biblical Research Institute, l’organe théologique officiel de la Conférence Générale, le théologien Ángel Manuel Rodríguez l’écrit sans détour, le Fils n’est pas le Fils naturel et littéral du Père, nous avons affaire à un usage métaphorique du mot fils.
Imagine un tribunal. Un témoin se lève et déclare, cet homme est mon fils. Et le juge répond, nous enregistrons que vous parlez métaphoriquement. Ce juge n’a pas reçu le témoignage, il l’a remplacé par le sien. C’est exactement l’opération que subit la voix du Père. Le Père dit, celui-ci est mon Fils. La doctrine répond, entendons ici une figure de style. Ce n’est plus le Père qu’on écoute, c’est le correcteur du Père.
La Bible sait signaler ses métaphores
On nous dira que la métaphore est un véhicule de vérité. Mais regarde comment l’Écriture procède quand elle emploie une image. Je suis la porte, Jean 10:9, et le contexte parle de brebis et de bergerie. Je suis le cep, vous êtes les sarments, Jean 15:5, et le contexte parle de fruit. Je suis le pain de vie, Jean 6:35, et le contexte explique, celui qui vient à moi n’aura jamais faim. Chaque métaphore biblique est signalée par son contexte, elle s’annonce comme image.
Mais quand le Père déclare, celui-ci est mon Fils bien-aimé, rien, absolument rien dans le contexte ne signale une figure. Et l’épître aux Hébreux fait même l’inverse, elle fonde la supériorité du Christ sur les anges précisément sur la réalité de sa filiation.
Auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit, tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui, Hébreux 1:5. Or les anges, eux, sont appelés fils de Dieu au sens figuré, Job 1:6. Si la filiation du Christ était une métaphore de plus, l’argument d’Hébreux 1 s’effondrerait, car le Fils ne serait qu’un fils figuré parmi d’autres. C’est justement parce que sa filiation est réelle et unique que le Fils est au-dessus des anges.
La foi qui sauve a un objet précis
Ces choses sont écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom, Jean 20:31. Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu, 1 Jean 5:1. Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, 1 Jean 4:15. La foi biblique n’a pas pour objet un concept, elle a pour objet une identité déclarée par témoignage divin. Croire, c’est recevoir cette identité comme réelle. La Bible nous appelle à croire que Jésus est le Fils de Dieu, pas la métaphore du Fils de Dieu.
Alors il faut le dire avec clarté. Transformer le témoignage en métaphore, ce n’est pas une variante de la foi, c’est la forme polie de l’incrédulité. On ne dit pas à Dieu qu’il ment, on lui dit qu’il parle par images, mais le résultat est identique, ce qu’il a déclaré n’est pas reçu comme réel. Et un témoignage qu’on requalifie n’est plus un témoignage qu’on croit. C’est un abandon de la foi qui garde le vocabulaire de la foi.
Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même, 1 Jean 5:10. Que ce témoignage demeure en toi tel que le Père l’a rendu, sans correction, sans requalification, sans métaphore. Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




