Il existe une tentative de plus en plus répandue dans certains milieux chrétiens de séparer Jésus de son Père, de séparer le Nouveau Testament de l’Ancien Testament, de séparer les commandements de Jésus des commandements de Dieu, comme si Jésus était venu avec un nouveau système de règles qui remplacerait définitivement l’ancien.
Comme si en disant si vous m’aimez gardez mes commandements en Jean 14 verset 15, Jésus parlait d’autre chose que des Dix Commandements de son Père.
Cette séparation est artificielle. Elle n’existe pas dans les Écritures. Elle est construite de toutes pièces pour se donner une raison théologique de mettre de côté la loi morale des Dix Commandements tout en continuant à se réclamer de Jésus. C’est une tentative de garder Christ en se débarrassant de sa loi. Mais nous allons voir que c’est une tentative qui échoue dès que l’on ouvre honnêtement le texte.
Jésus dit lui-même d’où viennent ses commandements
Commençons par laisser Jésus parler lui-même. En Jean chapitre 12 versets 49 et 50 il dit ceci, car je n’ai pas parlé de moi-même, mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même donné un ordre sur ce que je dois dire et annoncer. Et je sais que son ordre est la vie éternelle. Les choses donc que je dis, je les dis comme le Père me les a dites.
Ce verset est d’une clarté absolue. Jésus ne parle pas de lui-même. Il ne transmet pas ses propres commandements. Il transmet les commandements de son Père. Ce que Jésus dit c’est ce que le Père lui a ordonné de dire. Ses commandements sont donc les commandements du Père. Il n’y a pas deux systèmes de commandements, il y en a un seul, celui du Père transmis par le Fils.
Et en Jean chapitre 7 verset 16 Jésus dit, ma doctrine n’est pas de moi mais de celui qui m’a envoyé. Il le répète encore en Jean chapitre 8 verset 28, je ne fais rien de moi-même mais je dis ces choses comme mon Père me les a enseignées. Et encore en Jean chapitre 14 verset 24, la parole que vous entendez n’est pas de moi mais du Père qui m’a envoyé.
Jésus est cohérent et constant sur ce point. Tout ce qu’il dit, tout ce qu’il enseigne, tout ce qu’il commande vient du Père. Ses commandements sont les commandements du Père. Prétendre que les commandements de Jésus sont différents des commandements du Père c’est contredire Jésus lui-même.
Le Psaume 89 confirme que les commandements sont ceux du Père
Le Psaume 89 verset 31 dit si ses fils abandonnent ma loi et ne marchent pas selon mes ordonnances, si ils violent mes statuts et n’observent pas mes commandements. Dieu parle ici de ses propres commandements, de sa propre loi, de ses propres ordonnances. Et au verset 27 du même Psaume il parle de celui qu’il établira comme son premier-né, le plus élevé des rois de la terre, ce qui est une référence messianique directe à Christ.
Le Père dit donc que son Fils, le Messie, marchera dans ses commandements à lui, dans sa loi à lui. Les commandements du Fils sont les commandements du Père. Le Psaume 89 ne laisse aucune ambiguïté sur ce point.
Jésus ne remplace pas la loi il en est la plénitude
Certains disent que Jésus a donné un nouveau commandement en Jean 13 verset 34 quand il dit je vous donne un commandement nouveau, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Et ils concluent que ce nouveau commandement remplace les anciens.
Mais regardons ce que Jésus dit réellement. Il ne dit pas j’abolis les anciens commandements et j’en donne un nouveau. Il dit je vous donne un commandement nouveau dans sa plénitude, aimez-vous comme je vous ai aimés. La nouveauté n’est pas dans la nature du commandement, aimer son prochain existait déjà en Lévitique 19 verset 18. La nouveauté est dans la mesure de cet amour, comme je vous ai aimés, c’est-à-dire jusqu’au don total de soi-même.
Et Jésus confirme lui-même en Matthieu 22 versets 37 à 40 que tout l’Ancien Testament, toute la loi et tous les prophètes, reposent sur ces deux commandements, aimer Dieu et aimer son prochain. Les Dix Commandements ne sont donc pas remplacés par l’amour. Ils sont l’expression concrète et précise de cet amour. Les quatre premiers commandements expriment l’amour de Dieu. Les six derniers expriment l’amour du prochain. Jésus ne supprime pas les Dix Commandements. Il en révèle le cœur.
Jean confirme que les commandements de Jésus sont les Dix Commandements
L’apôtre Jean qui a écrit l’évangile de Jean a aussi écrit les épîtres de Jean. Et dans ses épîtres il utilise exactement le même mot grec entolas pour parler des commandements que dans l’évangile. Ce n’est pas un hasard. C’est la même réalité désignée par le même mot.
En 1 Jean chapitre 2 versets 3 et 4 il dit nous connaissons que nous l’avons connu si nous gardons ses commandements. Celui qui dit je l’ai connu et qui ne garde pas ses commandements est un menteur et la vérité n’est pas en lui.
Et en 1 Jean chapitre 3 verset 4 il dit le péché c’est la transgression de la loi. Jean définit le péché comme la transgression de la loi morale. Si les commandements dont il parle en 1 Jean 2 étaient simplement la parole générale de Jésus et non la loi morale des Dix Commandements, comment pourrait-il définir le péché comme la transgression de la loi en 1 Jean 3 ?
Les deux versets se répondent et confirment que les commandements de Jésus dont parle Jean sont bien les Dix Commandements, la loi morale, dont la transgression définit le péché.
Paul confirme la même chose
Paul dit en Romains chapitre 13 versets 8 à 10 celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet les commandements tu ne commettras pas d’adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres commandements, se résument dans cette parole, tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait pas de mal au prochain, l’amour est donc l’accomplissement de la loi.
Paul cite ici directement les Dix Commandements et il dit qu’ils sont l’expression de l’amour. Il ne dit pas que l’amour remplace les Dix Commandements. Il dit que les Dix Commandements sont l’expression concrète de l’amour. Aimer c’est garder les Dix Commandements. Garder les Dix Commandements c’est aimer.
Ce que certains opposent, l’amour de Jésus d’un côté et la loi du Père de l’autre, Paul les réunit dans un seul et même mouvement. L’amour accomplit la loi. La loi exprime l’amour. Ils ne peuvent pas être séparés.
La tentative de séparer Jésus de son Père est une erreur ancienne et dangereuse
Il faut nommer clairement ce que cette tentative de séparation produit théologiquement. Dire que les commandements de Jésus sont différents des commandements du Père c’est introduire une division dans la Divinité elle-même. C’est dire que le Père et le Fils n’enseignent pas la même chose, qu’ils n’ont pas la même loi, qu’ils n’ont pas les mêmes exigences morales.
Mais Jésus dit en Jean 10 verset 30, moi et le Père nous sommes un. Et en Jean 14 verset 9 il dit celui qui m’a vu a vu le Père. Si le Père et le Fils sont un, leurs commandements sont un. Si voir Jésus c’est voir le Père, obéir à Jésus c’est obéir au Père. Il n’y a pas deux volontés morales distinctes, il y en a une seule.
Et cette tentative de séparer le Nouveau Testament de l’Ancien pour se débarrasser de la loi morale n’est pas nouvelle. C’est exactement ce que Marcion tentait de faire au deuxième siècle après Christ en rejetant tout l’Ancien Testament et en ne gardant qu’une partie du Nouveau. L’Église l’a condamné comme hérétique parce que cette séparation déchire les Écritures et détruit la cohérence du plan de Dieu.
Conclusion
Quand Jésus dit si vous m’aimez gardez mes commandements il parle des commandements de son Père. Il le dit lui-même en Jean 12, tout ce qu’il dit vient du Père qui le lui a ordonné. Le Psaume 89 l’avait prophétisé. Jean l’a confirmé en définissant le péché comme la transgression de la loi. Paul l’a confirmé en citant les Dix Commandements comme l’expression concrète de l’amour.
Les commandements de Jésus et les commandements du Père ne font qu’un parce que Jésus et le Père sont un.
Et ces commandements ont un nom que personne ne peut effacer, ils s’appellent les Dix Commandements, la loi morale, la loi du bien et du mal, gravée dans la conscience de tout homme, révélée au Sinaï, incarnée en Christ et gravée dans le cœur du croyant par l’Esprit de Dieu.
Quiconque dit qu’il aime Jésus et rejette ses commandements dit en réalité qu’il aime Jésus et rejette le Père. Car leurs commandements ne font qu’un comme eux-mêmes ne font qu’un.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




