Publication du 21 août 2026
Il existe une objection très répandue : il y aurait deux engendrements de Jésus, un au ciel comme Fils divin, et un sur terre comme Fils de l’homme.
Cette thèse est enseignée dans de nombreuses églises, répétée dans des catéchismes, des livres, des prédications. Et elle mérite qu’on s’y arrête, non pas pour avoir raison dans une dispute, mais pour que chacun puisse vérifier par lui-même ce que disent vraiment les Écritures.
Alors posons la question clairement : est-ce que la Bible enseigne deux engendrements de Jésus, ou est-ce que c’est une doctrine ajoutée ?
Ce que dit la thèse des deux engendrements
Elle se résume ainsi :
Premier engendrement : éternel, céleste. Le Père engendre le Fils avant tous les siècles, dans son sein divin. C’est l’engendrement du Fils comme Dieu.
Deuxième engendrement : historique, terrestre. Le Fils est conçu du saint esprit dans le sein de Marie, et naît à Bethléem. C’est l’engendrement du Fils comme homme.
Selon cette vue, Jésus est à la fois Fils de Dieu par nature (engendrement éternel) et Fils de Dieu par grâce (engendrement terrestre). Et c’est cette double filiation qui justifierait sa divinité et son titre de Fils.
Ce que disent les Écritures
Maintenant, ouvrons la Bible. Et appliquons la règle que j’utilise toujours : un vocabulaire ne prouve rien tant qu’on n’a pas regardé à qui d’autre l’Écriture l’applique.
1. Aucun verset ne parle d’un engendrement éternel
Cherche dans ta Bible : « Dieu a engendré son Fils avant tous les siècles », « le Fils est engendré éternellement », « il y a un engendrement céleste et un engendrement terrestre ». Tu ne trouveras rien.
Le mot « engendré » dans les Écritures désigne toujours :
Une naissance dans l’histoire (conception, accouchement).
Une filiation réelle, dans le temps.
Une relation père-fils, comme Adam fils de Dieu (Luc 3:38), ou Paul engendrant des disciples (1 Corinthiens 4:15 ; Philémon 10).
Dans la Bible, engendrer, c’est faire naître, pas éterniser.
2. Les textes cités pour l’engendrement éternel
On appuie souvent cette doctrine sur Psaume 2:7 : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré. »
Mais le Nouveau Testament cite ce verset trois fois, et jamais pour parler d’un engendrement éternel.
Actes 13:33 : Paul l’applique à la résurrection de Jésus. « Dieu l’a accomplie pour nous en ressuscitant Jésus, comme il est écrit dans le psaume deux : Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré. »
Hébreux 1:5 et 5:5 : l’auteur l’applique à l’exaltation de Jésus, à son entrée dans la gloire, à son sacerdoce.
Jamais à une génération éternelle dans le sein du Père.
Quand l’Écriture interprète l’Écriture, « aujourd’hui je t’ai engendré » parle de la résurrection et de l’exaltation, pas de l’éternité.
3. « Fils unique-engendré » (monogenēs)
On cite aussi Jean 1:14, 1:18, 3:16, 3:18 : « le Fils unique-engendré du Père. »
Le mot grec monogenēs ne dit pas « engendré éternellement », il dit « unique », « sans égal », « le seul de son genre ».
Isaac est appelé « unique-engendré » en Hébreux 11:17, alors qu’Abraham a eu d’autres fils. Isaac est « unique » dans la promesse, pas dans la chair.
La fille de Jephté est appelée « unique » (même racine) en Juges 11:34, parce qu’elle est la seule enfant de son père.
« Unique-engendré » désigne l’unicité de la relation, pas une génération éternelle.
4. L’engendrement dont parle la Bible : celui de Marie
Quand les Écritures parlent de l’engendrement de Jésus, elles le situent toujours sur terre, dans l’histoire.
« L’ange lui dit : Le saint esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. » Luc 1:35.
Le texte ne dit pas « il sera appelé Dieu », il dit « Fils de Dieu ». Et il lie ce titre à la conception par la puissance de Dieu, pas à une génération éternelle.
« Né de la descendance de David selon la chair, établi Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection d’entre les morts. » Romains 1:3–4.
Paul ne parle pas d’un engendrement céleste, il parle de la naissance humaine (selon la chair) et de la manifestation comme Fils par la résurrection.
Dans les Écritures, l’engendrement du Fils, c’est la conception en Marie et la naissance à Bethléem. Pas un événement dans l’éternité.
D’où vient le deuxième engendrement ?
La doctrine des deux engendrements s’est formée dans les premiers siècles, quand l’Église a commencé à lire la Bible avec les catégories de la philosophie grecque.
On a voulu :
Expliquer le Christ avec le vocabulaire des philosophes (Logos, substance, personne).
Justifier la divinité du Fils en disant qu’il est « engendré, non créé ».
Répondre aux hérésies avec des formulations métaphysiques.
Mais en faisant cela, on a ajouté à l’Écriture ce qu’elle ne dit pas. On a transformé un mystère de foi (le Fils de Dieu engendré dans la chair) en un système ontologique (deux natures, deux engendrements).
Ce que Dieu a révélé, c’est un Fils, né de Marie. Ce que les hommes ont ajouté, c’est un Fils, né éternellement du Père.
Un seul engendrement, nécessaire et suffisant au salut
La Bible ne parle que d’un engendrement : celui du Fils de Dieu sur terre, en Jésus-Christ, conçu par la puissance de Dieu, né de la vierge Marie, mort, ressuscité, exalté.
Cet engendrement est :
Réel : il a eu lieu dans l’histoire, à un moment précis.
Unique : il n’y en a pas d’autre, ni avant, ni après.
Suffisant : il n’en faut pas d’autre pour le salut.
« Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » Actes 4:12.
Un seul nom, un seul Fils, un seul engendrement.
La règle à retenir
Un vocabulaire ne prouve rien tant qu’on n’a pas regardé à qui d’autre l’Écriture l’applique.
« Engendré », « Fils », « premier-né », « unique », tout cela se dit des hommes dans les Écritures, et personne n’en conclut qu’ils sont des dieux.
Je crois de tout mon cœur que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, engendré du sein de Marie par la puissance de Dieu, mort réellement, ressuscité réellement, exalté à la droite de son Père, premier-né de la nouvelle création et notre unique médiateur, l’homme Jésus-Christ, 1 Timothée 2:5.
Et je crois qu’un seul est Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, 1 Corinthiens 8:6.
Prenez votre Bible, ouvrez ces textes, lisez-les entièrement, et laissez Dieu vous illuminer.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




