Il y a dans les évangiles un témoignage que nous ne prenons presque jamais au sérieux, et qui est pourtant d’une nature particulière.
Ce n’est pas celui des disciples, qui l’aimaient. Ce n’est pas celui des foules, qui espéraient de lui un royaume. Ce n’est pas celui des scribes, qui le haïssaient.
C’est celui de ses adversaires spirituels. Ceux qui n’avaient aucune raison de le flatter, aucune raison de le ménager, et qui pourtant, chaque fois qu’ils ouvrent la bouche, le nomment avec une précision saisissante.
Et voici ce qui devrait nous arrêter longuement.
Pas une seule fois, dans tout le Nouveau Testament, un démon n’appelle Jésus-Christ Dieu.
Le relevé complet, verset par verset
Je te donne toutes les occurrences, afin que tu puisses les vérifier une à une. Elles se trouvent chez Matthieu, Marc et Luc. Jean, lui, ne rapporte aucun exorcisme.
Marc 1:24, à la synagogue de Capernaüm, je sais qui tu es, le Saint de Dieu. Luc 4:34 rapporte la même scène avec les mêmes mots.
Marc 3:11, les esprits impurs, quand ils le voyaient, se prosternaient devant lui et s’écriaient, tu es le Fils de Dieu.
Marc 5:7, le démoniaque de Gérasa, qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut. Luc 8:28 rapporte la même chose.
Matthieu 8:29, qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu.
Luc 4:41, des démons sortaient de beaucoup de personnes en criant, tu es le Fils de Dieu.
Voilà tout. Le Saint de Dieu. Le Fils de Dieu. Le Fils du Dieu Très-Haut.
Jamais Dieu.
Ils le reconnaissent, ils le craignent, ils le nomment avec exactitude. Et le mot qu’ils emploient est toujours le même.
Le verset qui règle la question
Si tu ne devais en retenir qu’un, retiens Marc 5:7.
Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut.
Regarde ce que fait cette phrase. Elle nomme le Dieu Très-Haut, et elle place Jésus comme son Fils.
Deux figures distinguées, dans une seule phrase, par celui qui n’avait aucun intérêt à ménager qui que ce soit.
Ce n’est pas une confession de foi. C’est une identification, faite sous la contrainte, par un être terrifié qui sait exactement à qui il s’adresse.
Et le tentateur lui-même parle ainsi
Ce n’est pas seulement le cas des démons rencontrés dans les villages. Celui qui l’affronte au désert emploie exactement le même titre.
Matthieu 4:3, si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.
Matthieu 4:6, si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas.
Deux fois, et toujours la même formule. Jamais si tu es Dieu.
Et regarde la réponse que Jésus lui oppose, Matthieu 4:10. Retire-toi, Satan, car il est écrit, tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul.
Il cite un commandement qui distingue celui qui adore et celui qui est adoré. Et il le cite comme s’adressant à lui-même.
Dans le combat le plus décisif de sa vie, Jésus-Christ se place lui-même sous le commandement d’adorer Dieu seul.
Le seul credo que l’Écriture attribue aux démons
Et il y a un verset, dans une épître, qui nous dit exactement ce que les démons croient.
Jacques 2:19. Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien. Les démons le croient aussi, et ils tremblent.
Voilà tout ce que l’Écriture leur attribue comme croyance sur Dieu. Le monothéisme le plus strict.
Ils croient qu’il y a un seul Dieu. Pas trois. Pas deux. Un.
Et ils tremblent devant lui.
Pourquoi ce témoignage compte
Réfléchis à la nature de ce témoin.
Dans n’importe quel tribunal, la déposition d’un adversaire a plus de poids que celle d’un ami. Un ami peut embellir. Un adversaire, non.
Or ceux-là ne cherchent ni à flatter, ni à convertir personne. Ils crient sous la contrainte, ils supplient, ils réclament de ne pas être tourmentés avant le temps, Matthieu 8:29.
Et dans cet état, ils nomment. Fils de Dieu. Fils du Dieu Très-Haut. Saint de Dieu.
Si le titre juste avait été un autre, c’est précisément dans ces moments-là qu’il serait sorti.
Un témoin hostile qui nomme avec précision est le témoin le plus difficile à récuser.
L’objection qu’on va me faire, et je ne l’esquive pas
On me répondra ceci, et l’objection est sérieuse. Jésus leur imposait silence. Marc 1:25, tais-toi et sors de cet homme. Marc 3:12, il leur recommandait fortement de ne pas le faire connaître.
Donc, me dira-t-on, leur témoignage n’est pas validé.
Regardons le motif du silence, car le texte le donne.
Marc 1:34, il ne permettait pas aux démons de parler, **parce qu’ils le connaissaient**.
Luc 4:41, il les menaçait et ne leur permettait pas de parler, ‘parce qu’ils savaient qu’il était le Christ’.
Le motif n’est donc pas que le titre serait faux. Le motif est le moment. Ce n’était pas l’heure que cela soit publiquement proclamé, exactement comme en Matthieu 16:20, où il recommande à ses propres disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
Il faisait taire une vérité prématurée, non une erreur.
Et remarque bien ceci : il ne les a jamais corrigés sur le contenu. Pas une fois il ne dit, ce n’est pas cela que je suis.
Ce que je ne dis pas
Je veux être exact, car c’est ce qui donne du poids à une étude.
Je ne dis pas que la parole d’un démon ferait autorité en matière de doctrine. Elle ne le fait pas, et ce serait une méthode absurde.
Je ne dis pas non plus que ce seul argument suffirait. Il ne suffit pas seul.
Ce que je dis est plus mesuré, et plus solide. C’est un témoignage extérieur, hostile, spontané, répété par plusieurs auteurs dans plusieurs scènes indépendantes. Et il converge exactement avec tout le reste.
Et voilà ce qui est le plus frappant
Prends maintenant du recul, et regarde qui, dans les évangiles, nomme Jésus-Christ.
Le Père, au baptême, Matthieu 3:17, celui-ci est mon Fils bien-aimé.
Le Père encore, sur la montagne, Matthieu 17:5, celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le.
L’ange, à Marie, Luc 1:35, c’est pourquoi l’enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu.
Pierre, par révélation, Matthieu 16:16, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.
Nathanaël, Jean 1:49, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël.
Le centurion romain, au pied de la croix, Marc 15:39, assurément cet homme était Fils de Dieu.
Les démons, dans toutes les scènes que nous venons de lire.
Et l’apôtre Jean, quand il vient dire pourquoi il a écrit tout son évangile, Jean 20:31, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu.
Le ciel, les anges, les disciples, un païen, et les démons eux-mêmes.
Tous emploient le même titre.
De toutes les bouches, amies et ennemies, sort la même appellation. Ce n’est pas un hasard, c’est un témoignage.
Ce que je te demande
Ne me crois pas sur parole. Ce serait la pire chose que tu puisses faire.
Prends une concordance, ou même la fonction recherche de ton téléphone.
Cherche toutes les scènes d’exorcisme dans Matthieu, Marc et Luc. Elles ne sont pas nombreuses, tu les auras en vingt minutes.
Note à chaque fois le titre employé.
Puis pose-toi cette question. Si l’essentiel de la foi était de croire qu’il est Dieu, comment se fait-il que même ceux qui le reconnaissaient d’un seul regard ne l’aient jamais appelé ainsi ?
Ils savaient exactement à qui ils parlaient. Et ils l’ont appelé Fils de Dieu.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




