Une vidéo circule sur les réseaux sociaux et séduit beaucoup de monde. Elle affirme qu’un non croyant qui a fait du bien toute sa vie ne sera pas détruit, et elle s’appuie sur la parabole de Matthieu 25, j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’étais en prison et vous êtes venus vers moi.
La conclusion semble évidente, celui qui fait du bien avec sa conscience porte la loi de Dieu dans son cœur, donc il sera sauvé, avec ou sans religion. C’est beau, c’est généreux, et pourtant cela demande d’être examiné de près.
Car derrière ce mot religion se cache une confusion, et derrière cette parabole se cache un critère que la vidéo n’a pas vu.
Voyons cela en laissant l’Écriture parler.
Ce que la parabole dit vraiment et est ce qu’un non croyant qui a fait du bien toute sa vie ne sera pas détruit ?
Relisons Matthieu 25 sans lunettes modernes. Le Roi dit aux brebis, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Le critère du jugement n’est pas la bonté en général, c’est le Christ reçu dans ses frères. Or dans l’évangile de Matthieu, mes frères désigne les disciples. Jésus étend la main vers ses disciples et dit, voici ma mère et mes frères, Matthieu 12.
Et Matthieu 10 éclaire directement notre parabole, quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple ne perdra point sa récompense, car qui vous reçoit me reçoit. Les nations sont jugées sur l’accueil fait au Christ à travers ses envoyés. La parabole ne met pas en scène des athées bienfaisants sauvés par leur philanthropie, elle révèle que tout geste envers les siens atteint le Christ lui-même.
Remarque aussi le vocabulaire du verset 34, venez, vous qui êtes bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Un héritage préparé d’avance, c’est le langage de la grâce, pas celui d’un salaire calculé. Et si les justes sont surpris, Seigneur, quand t’avons-nous vu, ce n’est pas qu’ils ignoraient le Christ, c’est qu’ils ignoraient la portée de leurs actes. Leur bien coulait d’un cœur transformé, sans calcul, voilà pourquoi il les surprend.
La conscience rend responsable, elle ne sauve pas
La vidéo invoque aussi Romains 2, les païens qui font naturellement ce que la loi prescrit montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur. Le verset est exact, la conclusion est tronquée.
Car Paul ne construit pas là une voie de salut parallèle, il construit une démonstration qui aboutit trois versets de chapitre plus loin, tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu, Romains 3. La conscience prouve que l’homme connaît le bien, et donc qu’il est sans excuse quand il ne le fait pas.
Aucune conscience humaine n’a jamais été parfaitement suivie. Et Paul précise même par qui ce jugement des consciences se fera, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes, Romains 2 verset 16. Impossible d’évacuer le Christ d’un texte qui le nomme comme Juge.
L’Écriture est sans détour sur ce point. Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés, Actes 4. Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi, Jean 14. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle, celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, Jean 3. Faire dire à Jésus que le bien sauve sans lui, c’est le faire contredire ses propres paroles.
Et celui qui n’a jamais entendu ?
C’est la vraie question qui se cache derrière la vidéo, et elle mérite mieux qu’une réponse simpliste. L’Écriture nous donne deux certitudes. Première certitude, le jugement sera proportionné à la lumière reçue, le serviteur qui n’a pas connu la volonté de son maître sera battu de peu de coups, Luc 12, on demandera beaucoup à qui l’on a beaucoup donné. Deuxième certitude, le caractère du Juge, celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice, Genèse 18.
Le sort de celui qui n’a jamais eu accès à l’Évangile repose entre les mains d’un Dieu parfaitement juste, qui sonde les cœurs et qui jugera chacun selon ce qu’il a reçu. Voilà ce que nous pouvons affirmer. Mais entre faire confiance à la justice du Juge et proclamer que le bien sauve sans le Christ, il y a un abîme que le texte ne franchit jamais. Ce que Dieu s’est réservé, ne l’enseignons pas comme doctrine.
Le piège du mot religion
Peut-on aller au ciel sans religion, tout dépend de ce qu’on met derrière ce mot. Beaucoup disent aujourd’hui, moi j’ai Jésus mais je n’ai pas de religion. Et il y a là un vrai légitime, si religion signifie les traditions humaines, les appareils ecclésiastiques, les rites vides.
Jésus a réservé ses paroles les plus dures au système religieux de son temps, et Marc 7 dénonce ceux qui abandonnent le commandement de Dieu pour tenir la tradition des hommes. Aucune étiquette dénominationnelle, aucune carte de membre n’a jamais sauvé personne.
Mais la Bible connaît aussi une bonne religion, et sa définition va surprendre. La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde, Jacques 1. Tu as bien lu, la religion que Dieu agrée, c’est précisément la foi qui agit, c’est le fil même de Matthieu 25. Rejeter la religion au sens biblique, ce serait rejeter la mise en pratique de la foi.
Il faut donc distinguer trois choses que notre époque mélange. La relation avec le Christ, indispensable, la vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ, Jean 17. La foi vécue qui produit des œuvres, indispensable aussi, la foi sans les œuvres est morte, Jacques 2. Et l’appartenance institutionnelle, qui elle ne sauve pas.
Celui qui dit j’ai Jésus sans religion a souvent raison contre la troisième, et tort s’il croit pouvoir se passer de la deuxième. Car un Jésus sans obéissance ni fruit, c’est le Seigneur, Seigneur de Matthieu 7, à qui il sera répondu, je ne vous ai jamais connus. Et attention à l’isolement, n’abandonnons pas notre assemblée comme c’est la coutume de quelques-uns, Hébreux 10, la foi du Nouveau Testament est communautaire même quand elle n’est pas institutionnelle.
La réponse de l’Écriture à : Peut-on faire le bien toute sa vie et aller au ciel sans religion
Alors, peut-on faire le bien toute sa vie et aller au ciel sans religion ? Voici la réponse en trois temps. Non, le bien ne sauve pas sans le Christ, car nul ne vient au Père que par lui, et la parabole invoquée dit le contraire de ce qu’on lui fait dire.
Non, le Christ ne se vit pas sans les œuvres, car la foi qui ne visite pas l’orphelin et la veuve est une foi morte. Et non, le salut ne dépend pas d’une étiquette religieuse, car la religion pure devant Dieu n’est pas une institution, c’est un cœur qui croit au Fils et des mains qui font les œuvres du Père.
Le bien que tu fais ne t’ouvrira pas le ciel. Mais le Christ que tu reçois fera de toi quelqu’un qui fait le bien sans même s’en apercevoir, au point d’être surpris au dernier jour, Seigneur, quand t’avons-nous vu ? Voilà le miracle de la grâce, elle ne remplace pas les œuvres, elle les enfante.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




