Étude comparative – Osterwald (OST) et Louis Segond (LS) – Nouveau Testament
Avant-propos
« La Bible révèle que la fin de toute chose est proche et que Dieu appelle tout homme à pouvoir se réjouir de la seconde venue de Jésus-Christ. L’objectif de cette présentation est de vous préparer à être du nombre de ceux qui gardent les commandements de Dieu et le témoignage, la foi de Jésus-Christ. »
Prière d’ouverture
Notre Dieu, notre Père céleste, merci pour ce don, ce privilège que tu nous accordes de pouvoir nous présenter devant toi. Alors que nous nous apprêtons à entendre ta Parole, nous te demandons ton Saint-Esprit afin que nous puissions être instruits, édifiés par toi. Bénis ce moment, bénis ton peuple. Dispose l’intelligence et le cœur de chacun. Bénis le moins digne des pasteurs afin qu’il soit un instrument pour guider ton peuple, et ce, dans le beau nom de Jésus que nous t’en prions. Amen.
Origine de cette étude
Cette présentation répond à une question posée à plusieurs reprises : pourquoi utiliser la version Osterwald plutôt que la Louis Segond ? Dès que des questions reviennent régulièrement, elles méritent une réponse structurée, versée aux archives, afin de profiter au plus grand nombre.
Avertissement sur le périmètre : cette étude n’est pas exhaustive. Elle se concentre uniquement sur le Nouveau Testament, et même à l’intérieur de celui-ci, tous les textes divergents ne sont pas passés en revue — seule une sélection représentative est commentée ; le lecteur est invité à poursuivre lui-même l’examen des références complémentaires données à la fin de chaque section.
Texte de base : Luc 10.25-26
« Alors voici, un docteur de la loi s’est levé pour l’éprouver, et lui dit : Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ? » (Martin 1744)
À la question du docteur de la loi, Jésus répond par une contre-question : « Comment lis-tu ? » Jésus s’intéresse à notre manière de lire la Parole de Dieu — et cela suppose, en amont, de disposer d’une bonne Parole de Dieu. Une Bible corrompue, déficiente ou amoindrie dans sa traduction ne peut conduire qu’à une lecture faussée, quelle que soit la sincérité du lecteur.
Cette étude propose donc une comparaison systématique de versets entre deux versions françaises, afin d’observer :
- les différences de traduction entre l’Osterwald 1744 (OST) et la Louis Segond 1910 (LS) ;
- les doctrines qui se sont développées, dans certaines églises, à partir de ces différences ;
- ce que ces omissions ou altérations produisent chez un lecteur qui ne dispose que d’une version affaiblie.
Légende utilisée dans tout le document :
- OST = Osterwald 1744
- LS = Louis Segond 1910
Évangile selon Matthieu
Matthieu 5.22
OST — « Mais moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sans cause, sera punissable par le tribunal ; et celui qui dira à son frère Raca, sera punissable par le conseil ; et celui qui lui dira fou, sera punissable par la Géhenne du feu. »
Écart avec LS — le terme « sans cause » est absent.
Conséquence doctrinale — sans cette précision, le lecteur en vient à croire que se mettre en colère est en soi un péché. Or Paul écrit aux Éphésiens : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez point » — ce qui suppose que la colère elle-même n’est pas condamnable. Jésus s’est mis en colère dans le temple ; Moïse s’est mis en colère en brisant les tables de la loi ; dans les deux cas, Dieu n’a repris ni l’un ni l’autre, parce que cette colère était une sainte indignation, non blessure d’ego. Ce qui est jugé, c’est le motif de la colère, non la colère en tant que telle.
Matthieu 9.13
OST — « Mais allez apprendre ce que signifie : J’aime la miséricorde, et non pas le sacrifice ; car ce ne sont pas les justes que je suis venu appeler, mais les pécheurs, à la repentance. »
Écart avec LS — la finalité « à la repentance » est absente ; le texte s’arrête à « appeler les pécheurs ».
Conséquence doctrinale — sans ce complément, on comprend seulement que Jésus est venu partager la table des pécheurs, sans qu’il soit précisé dans quel but. Le texte complet établit que l’objectif de cette fréquentation est la repentance, non une simple convivialité.
D’autres références sont à comparer par vous-même en Matthieu ; le nombre de passages concernés dans ce seul évangile dépasse ce qui peut être développé ici.
Évangile selon Marc
Marc 10.19-21
OST — « Et Jésus, jetant les yeux sur lui, l’aima, et lui dit : Il te manque une chose : va, vends tout ce que tu as, et le donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; après cela, viens, et suis-moi, en te chargeant de ta croix. »
Écart avec LS — la mention de « se charger de sa croix » dans cet appel est absente.
Précision méthodologique — il ne s’agit pas ici d’un défaut de traduction de Louis Segond en tant que traducteur, mais d’un problème situé en amont, au niveau du manuscrit source utilisé. Ce point sera développé plus loin, dans la section consacrée à l’origine des manuscrits.
Autres références à comparer en Marc — laissées à l’examen personnel. Notez qu’en comparaison, la Nouvelle Édition de Genève (NEG) présente, sur ces mêmes passages, des écarts encore plus marqués que la Louis Segond.
Évangile selon Luc
Luc 4.4
OST — « Et Jésus lui répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. »
Écart avec LS — la version s’arrête à « l’homme ne vivra pas de pain seulement », sans préciser de quoi il vit réellement.
Luc 4.8
OST — « Mais Jésus lui répondit : Arrière de moi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul. »
Écart avec LS — l’ordre « Arrière de moi, Satan » est absent.
Conséquence doctrinale — sans cet ordre de recul, le texte donne l’impression que Jésus tolère la présence de l’adversaire à ses côtés. Or citer la Parole de vérité a précisément pour effet de faire reculer l’ennemi, non de le maintenir à proximité.
D’autres passages de Luc sont à comparer par vous-même.
Évangile selon Jean
Jean 6.69
OST — « Et nous avons cru, et nous avons connu que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Écart avec LS — la formule est remplacée par « tu es le Saint de Dieu ».
Conséquence doctrinale — Jésus est certes saint, mais ce n’est pas ce que dit le texte source. La confession « Fils de Dieu » est centrale : c’est précisément pour avoir revendiqué ce titre, en appelant Dieu son Père, que Jésus a été rejeté par les autorités religieuses. La filiation divine du Christ était le fondement de la foi des premiers croyants ; l’atténuer en un simple qualificatif de sainteté déplace le centre de gravité doctrinal du texte.
Remarque sur les révisions — cette étude se fonde sur l’Osterwald 1744 ; la révision Osterwald 2018 apporte des améliorations supplémentaires, notamment en Jean 3.16, où elle restitue la précision « son Fils unique engendré, afin que quiconque croit ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle ».
Actes des Apôtres
Actes 2.30
OST — « David étant donc prophète, et sachant que Dieu lui avait promis avec serment qu’il ferait naître le Christ de sa postérité selon la chair, pour le faire asseoir sur son trône. »
Écart avec LS — toute la précision « de sa postérité, selon la chair » est absente.
Conséquence doctrinale — l’expression « selon la chair » est déterminante. Dans les milieux ecclésiaux qui professent la doctrine trinitaire, il est fréquent d’enseigner que Jésus-Christ n’avait pas exactement la même nature que les autres hommes. Ce texte affirme au contraire que le Christ devait être héritier selon la chair, c’est-à-dire de même nature que David.
D’autres passages du livre des Actes sont à comparer.
Romains
Romains 8.1
OST — « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, qui ne marchent point selon la chair, mais selon l’Esprit. »
Écart avec LS — la version s’arrête à « aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ », sans la condition qui suit.
Conséquence doctrinale — ce verset a inspiré un cantique bien connu, mais sur la base d’une version amoindrie. Sans le complément, le lecteur retient l’idée qu’il n’y a « aucune condamnation » de façon générale et inconditionnelle, alors que le texte pose une condition explicite : marcher selon l’Esprit et non selon la chair. Supprimer cette clause revient à faire croire à quelqu’un qu’il est « en Christ » alors qu’il ne remplit pas la condition requise.
D’autres références en Romains sont à comparer.
1 Corinthiens et 2 Corinthiens
1 Corinthiens 7.39
OST — « La femme est liée par la loi tout le temps que son mari est en vie ; mais si son mari meurt, elle est libre de se remarier à qui elle veut, seulement que ce soit selon le Seigneur. »
LS — « Une femme est liée aussi longtemps que son mari est vivant. »
Écart — la précision « par la loi » est absente.
Conséquence doctrinale — cette omission a des répercussions concrètes sur la doctrine du mariage et du remariage. Sans « par la loi », le texte semble enseigner qu’aucun remariage n’est possible tant que le conjoint est vivant, même en cas d’adultère. Or c’est précisément la loi — « tu ne commettras point d’adultère » — qui définit les conditions du lien conjugal : lorsque cette loi est transgressée par l’adultère, le lien qu’elle instaure est rompu.
Remarque sur l’origine du manuscrit — il est utile de savoir que le manuscrit sur lequel s’est appuyée la traduction Louis Segond n’est pas un manuscrit issu de la tradition protestante, mais d’origine catholique. Les Églises se réclamant du protestantisme qui font de la Louis Segond leur référence utilisent donc, sur ce point précis, un texte qui n’est pas celui que les réformateurs eux-mêmes ont utilisé pour traduire.
D’autres passages en 1 et 2 Corinthiens sont à comparer — la quantité de textes concernés dans ces deux épîtres est trop importante pour être développée intégralement ici.
Galates
Galates 4.7
OST — « C’est pourquoi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier de Dieu par le Christ. »
Conséquence doctrinale — la formulation « héritier de Dieu par le Christ » ne cadre pas avec une lecture trinitaire du texte ; elle situe le Christ comme le moyen par lequel l’héritage est transmis, non comme un partenaire coégal dans une même essence indifférenciée.
D’autres références en Galates sont à comparer.
Éphésiens
Éphésiens 3.9
OST — « … et de mettre en évidence devant tous quelle est la dispensation du mystère qui avait été caché de tout temps en Dieu, lequel a créé toutes choses par Jésus-Christ. »
Écart avec LS — la précision « par Jésus-Christ » est absente ; le texte dit seulement que Dieu a créé toutes choses.
Conséquence doctrinale — Genèse 1.26-27 rapporte les paroles de Dieu le Père : « Faisons l’homme à notre image. » C’est Jésus qui a exécuté l’œuvre de la création, à la parole du Père — de la même manière qu’un mari qui décide, avec son épouse, d’éduquer leurs enfants, verra cette éducation concrètement exécutée par son épouse au quotidien. C’est par le moyen du Christ que Dieu a créé toutes choses. Cette lecture ne fournit d’appui ni au trinitarisme, ni au modalisme, ni au subordinationnisme : une lecture rigoureuse du texte ne soutient aucun de ces schémas théologiques.
D’autres références en Éphésiens sont à comparer.
Philippiens
Philippiens 3.16
OST — « Cependant, au point où nous sommes parvenus, marchons suivant la même règle, et ayons les mêmes sentiments. »
Écart avec LS — le mot « règle » disparaît ; le texte s’arrête à « marchons », sans indiquer selon quel critère.
Conséquence doctrinale — sans le mot « règle », l’unité de marche devient une question d’appréciation individuelle : chacun avance « à son pas ». Le mot « règle » introduit au contraire un critère objectif, commun, auquel chacun doit s’aligner. L’Église s’appuie sur des principes fondamentaux — développés entre 1855 et 1905 — qui constituent cette règle commune ; leur crédo demeure la Bible seule, mais l’unité de marche se construit sur des principes fondamentaux partagés.
Un autre passage de Philippiens est à comparer.
Colossiens
Colossiens 2.2
OST — « … afin que leurs cœurs soient consolés, et unis ensemble dans la charité, et enrichis d’une pleine intelligence, pour connaître le mystère de Dieu le Père, et de Christ. »
Écart avec LS — le texte est parfois rendu par « le mystère de Dieu, savoir Christ », ce qui laisse entendre que le Christ est le mystère de Dieu.
Conséquence doctrinale — le texte source parle du mystère de Dieu le Père et de Christ, c’est-à-dire du plan du salut établi conjointement par ces deux personnes dans les temps anciens, tenu secret puis révélé par l’Évangile. Il n’y avait pas de troisième individu impliqué au moment où ce plan a été établi. Ce texte, correctement lu, ne laisse place ni au trinitarisme, ni au trithéisme, ni au modalisme : le plan du salut a été établi entre Dieu le Père et Jésus-Christ.
Précision importante : cette étude ne prône en aucune manière la destruction des Bibles Louis Segond ou d’autres versions. Il ne s’agit pas d’un appel au fanatisme ni à un quelconque autodafé. Il arrive même que, sur certains passages précis, la formulation de la Louis Segond rende mieux le sens du texte original que l’Osterwald — auquel cas c’est elle qu’il convient de citer. Ce qui est en cause n’est pas la compétence du traducteur, mais la fiabilité du manuscrit source.
Image utilisée : deux maçons de même compétence, l’un travaillant avec de bons matériaux, l’autre avec des matériaux de mauvaise qualité, construiront des maisons de solidité très différente au fil du temps — non par différence de talent, mais par différence de matériau.
Colossiens 2.11
OST — « En lui aussi vous avez été circoncis d’une circoncision faite sans main, en dépouillant le corps des péchés de la chair, ce qui est la circoncision de Christ. »
LS — « Vous avez été circoncis… par la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair. »
Conséquence doctrinale — la formulation Louis Segond, sur ce verset, perd en clarté ; l’Osterwald établit un lien explicite et compréhensible : être circoncis en Christ, c’est être dépouillé des péchés de la chair — non de la chair elle-même.
D’autres références en Colossiens sont à comparer.
1 Timothée et 2 Timothée
1 Timothée 6.5
OST — « … et les vaines disputes des gens qui ont l’esprit corrompu, qui sont privés de la vérité, et qui regardent la piété comme un moyen de gain. Sépare-toi de ces gens-là. »
Écart avec LS — l’exhortation à se séparer de ces personnes est absente.
Conséquence doctrinale — cette omission a une portée pratique directe : là où la plupart des Églises protestantes francophones utilisent la Louis Segond, les fidèles ne trouvent pas, dans leur texte, l’instruction explicite de se séparer des prédicateurs qui font de la piété un moyen d’enrichissement personnel — un phénomène malheureusement documenté dans plusieurs pays. Faute de cette instruction claire dans leur Bible, nombre de croyants considèrent cette pratique comme normale.
2 Timothée 4.22
OST — « Le Seigneur Jésus-Christ soit avec ton esprit. La grâce soit avec vous. Amen. »
Conséquence doctrinale — ce texte, dans sa formulation Osterwald, s’oppose au subordinationnisme et au schéma trinitaire classique : ce n’est pas un tiers distinct qui est invoqué comme présent auprès de l’esprit du croyant, mais Jésus-Christ lui-même, par son Esprit. C’est le Christ qui occupe, par son Esprit, ce ministère de présence auprès de ses serviteurs. Une compréhension bâtie sur une version affaiblie conduit à une compréhension déformée de l’identité du Saint-Esprit, présenté comme le Consolateur.
D’autres références en 2 Timothée, ainsi qu’en Tite, Philémon et Hébreux, sont à comparer — ces trois derniers livres ne sont pas traités en détail dans cette étude et sont laissés à l’examen personnel.
Épître de Jacques
Jacques 5.16
OST — « Confessez vos fautes les uns aux autres… »
LS — « Confessez donc vos péchés les uns aux autres… »
Conséquence doctrinale — la nuance entre « fautes » et « péchés » a une portée pratique importante. La formulation « confessez vos péchés » peut laisser croire qu’il faut confesser l’ensemble de ses péchés à un pasteur, à la manière du système de confession auriculaire catholique. Le texte parle en réalité de fautes commises envers autrui : si j’ai fauté envers un frère, je dois aller vers lui, reconnaître ma faute et demander pardon — ce n’est pas une confession générale à un tiers.
1 Pierre
1 Pierre 1.22
OST — « Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité par l’Esprit, pour avoir un amour fraternel sans hypocrisie, aimez-vous constamment les uns les autres d’un cœur pur. »
Écart avec LS — deux précisions manquent : le rôle de l’Esprit dans l’obéissance à la vérité, et l’exigence d’un cœur pur (remplacée par « de tout votre cœur »).
Conséquence doctrinale — sur le premier point : l’homme ne peut, de lui-même, obéir pleinement à la vérité ; Actes 5.32 indique que l’Esprit est donné à ceux qui lui obéissent, mais ce même Esprit aide ensuite à progresser d’obéissance en obéissance. Sur le second point : la formule « de tout votre cœur » peut être affirmée par quiconque, y compris avec un cœur divisé ou impur, alors que la formule « d’un cœur pur » pose une exigence de pureté intérieure, condition réelle de l’amour fraternel authentique.
D’autres références en 1 Pierre sont à comparer.
2 Pierre
2 Pierre 2.17
OST — « Ce sont des fontaines sans eau, des nuées agitées par un tourbillon, et l’obscurité des ténèbres leur est réservée pour l’éternité. »
Écart avec LS — la précision « pour l’éternité » est absente.
Conséquence doctrinale — ce texte, correctement traduit, soutient la doctrine de l’anéantissement final des impies (« l’obscurité des ténèbres » signifiant une destruction définitive, sans existence consciente perpétuelle), et non celle d’un lieu de souffrance consciente éternelle. Amoindri, le texte perd cette précision et peut être mobilisé au soutien d’une doctrine de l’enfer éternel conscient.
D’autres références en 2 Pierre sont à comparer.
1 Jean
1 Jean 4.3
OST — « Et tout esprit qui ne confesse pas que Jésus-Christ est venu en chair n’est pas de Dieu. »
LS — « Et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu. »
Conséquence doctrinale — cette omission ouvre la voie à une lecture œcuménique du texte : il suffirait de confesser le nom de Jésus, sans plus de précision, pour être reconnu « de Dieu ». Le texte complet pose une exigence bien plus stricte : confesser que Jésus-Christ est venu en chair — une confession que certaines doctrines trinitaires peinent à intégrer pleinement. Une Bible amoindrie sur ce point contribue à maintenir des Églises dans une confusion doctrinale que le texte original visait précisément à dissiper.
D’autres références en 1 Jean sont à comparer.
Apocalypse
Apocalypse 8.13
OST — « Puis je regardai, et j’entendis un ange volant par le milieu du ciel… »
LS — « un aigle »
Conséquence doctrinale — ce détail a une incidence directe sur l’étude symbolique de ce chapitre : dans le symbolisme prophétique, un ange correspond à un messager. Une mauvaise traduction sur ce point bloque la compréhension du passage des « trois malheurs », qui s’articule avec le message des trois anges et avec la chronologie des événements de la fin des temps.
Apocalypse 16.17
OST — « Le septième ange versa sa coupe dans l’air, et il sortit du temple du ciel, du trône, une grande voix, qui disait : C’est fait ! »
Écart avec LS — la précision « du temple » est absente.
Conséquence doctrinale — supprimer la mention du temple céleste retire un appui scripturaire à la doctrine de l’existence d’un temple dans le ciel — une doctrine centrale pour une compréhension du ministère céleste du Christ.
Apocalypse 20.9
OST — « … mais un feu venant de Dieu descendit du ciel, et les dévora. »
Écart avec LS — l’origine divine du feu n’est pas précisée.
Conséquence doctrinale — cette omission entretient l’idée que Dieu ne serait jamais l’auteur direct d’un jugement destructeur — une conception erronée du caractère de Dieu, aussi éloignée de la vérité que la conception opposée d’un Dieu uniquement punitif. Les deux extrêmes déforment également le caractère de Dieu : l’un le présente comme un juge implacable sans miséricorde, l’autre comme un être qui ne juge jamais, ce qui revient à nier toute conséquence au péché.
Apocalypse 21.24
LS — « Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire. »
Écart — la précision « qui auront été sauvées », qualifiant les nations, est absente.
Conséquence doctrinale — sans cette précision, le texte peut laisser entendre une conversion universelle et automatique du monde entier. Le texte complet restreint la promesse aux nations, ou plus précisément aux individus parmi les nations, qui auront été sauvés — non à l’humanité entière convertie sans exception, chacun demeurant libre de son choix.
Apocalypse 22.14
LS — « Heureux ceux qui lavent leur robe, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville. »
Point de discussion — la formule « lavent leur robe », seule, laisse le lecteur dans l’ambiguïté sur le moyen concret de ce « lavage ». La robe symbolise le caractère ; le lavage de la robe s’opère par l’observation des commandements de Dieu, et non par un acte métaphorique laissé à l’imagination. D’autres versions issues du Texte Reçu rendent ce lien avec les commandements de façon plus explicite à cet endroit de l’Apocalypse.
Apocalypse 22.19
OST — « Et si quelqu’un retranche des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part du livre de vie… »
LS — « … sa part de l’arbre de vie… »
Conséquence doctrinale — il s’agit de deux réalités bibliques distinctes : le livre de vie, sur lequel sont inscrits les noms, et un autre registre céleste sur lequel sont consignées les œuvres, bonnes et mauvaises, de chacun. Confondre ces deux notions par une traduction imprécise brouille l’enseignement biblique sur le jugement.
Complément — Apocalypse 17.5-6
Le texte parle de « Babylone la Grande, la mère » — le terme grec sous-jacent est au féminin pluriel. La formulation « la mère des impudiques », reprise même par certaines éditions anciennes de l’Osterwald (1886), manque cette nuance. Seule l’Osterwald 2018 restitue, à la connaissance de cette étude, la traduction « la mère des prostituées » (en anglais, la King James porte cette même nuance).
Portée symbolique — dans le symbolisme biblique, une femme représente une Église ; une femme prostituée représente une Église qui s’est écartée de Dieu. Être « la mère des prostituées », c’est donc être à l’origine d’un ensemble d’Églises chrétiennes corrompues — une désignation qui, dans cette lecture prophétique, renvoie à un système religieux plutôt qu’à des individus. Il s’agit d’une critique d’un système organisationnel, non d’une attaque personnelle contre des croyants appartenant à cette tradition.
D’où viennent ces différences ? Les manuscrits en cause
Cette étude insiste sur un point de méthode : la différence de qualité entre ces deux traditions bibliques n’est pas d’abord une question de compétence de traduction, mais de fiabilité du manuscrit source.
Versions s’appuyant sur le Texte Reçu (Textus Receptus / texte majoritaire) :
- la Bible de Genève (l’ancienne, à distinguer de la Nouvelle Édition de Genève)
- la Bible Martin (avec plusieurs révisions)
- la Bible de l’Épée
- les révisions de la Crampon
- l’Olivétan, qui a précédé l’Osterwald
- l’Osterwald elle-même, dans ses différentes révisions : 1744, 1881, 1996, 2018
Versions s’appuyant sur un autre manuscrit : La Louis Segond, et les versions apparentées, ne sont pas traduites à partir du Texte Reçu / texte majoritaire, mais à partir d’un manuscrit de tradition différente — non celui que les réformateurs protestants ont utilisé pour traduire leurs propres Bibles. Une Église se revendiquant protestante qui fait de la Louis Segond sa Bible de référence utilise, sur ce point précis, un texte dont l’origine n’est pas celle du protestantisme historique.
Cas particulier de la Bible Martin — pour être complet et équilibré, il faut noter qu’une Bible fondée sur un bon manuscrit peut néanmoins comporter des erreurs ponctuelles liées à la compréhension théologique de son époque. Ainsi, en Apocalypse 1.10, là où le texte parle du « jour du Seigneur », la Martin traduit « le jour du dimanche » — non parce que le manuscrit source l’indiquait, mais parce que le traducteur, comme d’autres réformateurs de son temps, n’avait pas encore pleinement redécouvert la vérité biblique du sabbat. Cela illustre qu’une bonne base manuscrite ne dispense pas d’une vigilance de lecture sur chaque passage : même les Bibles fondées sur le Texte Reçu (Osterwald, Martin, King James) comportent, ici ou là, des formulations perfectibles, le plus souvent par omission plutôt que par ajout.
Ressources complémentaires citées dans la présentation d’origine (à retrouver dans les archives de la chaîne, non jointes à ce document) :
- une présentation consacrée à la question des apocryphes et à leur place (ou non) dans la Bible ;
- une présentation retraçant en détail l’histoire des manuscrits et des versions bibliques.
Une méthode à reproduire soi-même
Le lecteur est invité à effectuer lui-même cet exercice de comparaison :
- reprendre chacune des références citées dans cette étude ;
- les confronter à d’autres versions (Chouraqui, Segond, Semeur, Parole de Vie, etc.) à l’aide d’un site d’interlinéaire biblique permettant d’afficher plusieurs traductions alignées verset par verset ;
- noter que la numérotation des chapitres et versets, ajoutée après la rédaction des textes pour faciliter la navigation, peut occasionner de légers décalages entre versions — cela ne remet pas en cause la méthode ;
- si une version donnée ne s’aligne pas avec l’Osterwald sur ces passages, c’est le signe qu’elle repose, elle aussi, sur un manuscrit problématique.
Conclusion
1 Pierre 2.1-3
« Ayant donc renoncé à toute malice, à toute fraude, à la dissimulation, à l’envie et à la médisance, désirez avec ardeur, comme des enfants nouvellement nés, le lait spirituel et pur, afin que vous croissiez par son moyen, puisque vous avez goûté que le Seigneur est bon. »
La question posée ici est simple : peut-il y avoir une réelle croissance spirituelle si l’on prend pour référence une Bible traduite à partir de manuscrits altérés ? Désirer « le lait spirituel et pur » suppose de disposer, précisément, d’une Parole pure.
Un rappel nécessaire : cette étude n’a pas pour but d’inciter quiconque à détruire les Bibles Osterwald, Louis Segond, Semeur, Parole de Vie ou toute autre version déjà en sa possession. L’objectif est d’orienter, à l’avenir, le choix d’une Bible de référence vers des traductions fondées sur des manuscrits fiables — étant entendu qu’aucune traduction humaine, y compris parmi celles fondées sur le Texte Reçu, n’est absolument exempte de défauts ponctuels. Le fanatisme demeure, en la matière, le plus grand danger : ce n’est pas la version d’une Bible qui doit devenir objet de division ou de jugement des personnes, mais la recherche sincère et constante de la Parole la plus fidèle possible au texte original.
Apocalypse 22.17-19
« Je proteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu fera tomber sur lui les plaies écrites dans ce livre ; et si quelqu’un retranche des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part du livre de vie, et de la sainte cité, et des choses qui sont écrites dans ce livre. »
Nous devons désirer la pure Parole de Dieu, et accepter comme Bible authentique une Bible qui n’ajoute ni ne retranche — c’est-à-dire une Bible fondée sur un manuscrit authentique. Marchons non par la vue (la beauté ou la commodité d’une reliure), mais par la foi ; car la foi vient de ce que l’on entend, et ce que l’on entend vient de la Parole de Dieu.
Prière finale
Notre Dieu, notre Père céleste, nous voulons te remercier pour ce moment passé dans l’étude de ta Parole. Tu nous montres qu’il est important de pouvoir disposer d’une version de ta Parole qui soit la plus proche possible de ce que tu as réellement dit. Aide-nous, Père, à prendre comme référence les versions traduites à partir des textes originaux, et à toujours comparer, afin de ne pas être amenés vers des doctrines qui ne sont pas de toi. Qu’au contraire, en chérissant ta pure Parole, nous puissions croître par son moyen. Donne-nous, ô Père céleste, un amour pour la vérité, afin que nous ne soyons pas séduits par l’ennemi. Au nom de Jésus. Amen.
Tableau récapitulatif des passages étudiés
| Livre | Référence | Élément manquant / altéré en LS | Doctrine concernée |
|---|---|---|---|
| Matthieu | 5.22 | « sans cause » | Nature du péché de colère |
| Matthieu | 9.13 | « à la repentance » | But de l’appel aux pécheurs |
| Marc | 10.19-21 | « suis-moi, en te chargeant de ta croix » | Appel au renoncement |
| Luc | 4.4 | « de toute parole de Dieu » | Source de la vie spirituelle |
| Luc | 4.8 | « Arrière de moi, Satan » | Autorité de la Parole face à l’adversaire |
| Jean | 6.69 | « le Fils du Dieu vivant » (→ « le Saint de Dieu ») | Filiation divine du Christ |
| Actes | 2.30 | « de sa postérité selon la chair » | Nature humaine du Christ |
| Romains | 8.1 | « qui ne marchent point selon la chair, mais selon l’Esprit » | Condition de la non-condamnation |
| 1 Corinthiens | 7.39 | « par la loi » | Remariage et adultère |
| Galates | 4.7 | « par le Christ » | Rôle du Christ dans l’héritage divin |
| Éphésiens | 3.9 | « par Jésus-Christ » | Rôle du Christ dans la création |
| Philippiens | 3.16 | « règle » | Fondement de l’unité de l’Église |
| Colossiens | 2.2 | « de Dieu le Père, et de Christ » | Nature du plan du salut |
| Colossiens | 2.11 | « des péchés de la chair » | Sens de la circoncision spirituelle |
| 1 Timothée | 6.5 | « Sépare-toi de ces gens-là » | Séparation des faux docteurs |
| 2 Timothée | 4.22 | Formulation sur l’Esprit du Christ | Identité du Saint-Esprit |
| Jacques | 5.16 | « fautes » (→ « péchés ») | Confession entre croyants |
| 1 Pierre | 1.22 | « par l’Esprit » / « d’un cœur pur » | Nature de l’amour fraternel |
| 2 Pierre | 2.17 | « pour l’éternité » | Nature du châtiment final |
| 1 Jean | 4.3 | « venu en chair » | Test de la vraie doctrine |
| Apocalypse | 8.13 | « un ange » (→ « un aigle ») | Symbolisme prophétique |
| Apocalypse | 16.17 | « du temple » | Existence du temple céleste |
| Apocalypse | 17.5-6 | « la mère des prostituées » | Identification symbolique de Babylone |
| Apocalypse | 20.9 | « venant de Dieu » | Auteur du jugement final |
| Apocalypse | 21.24 | « qui auront été sauvées » | Portée du salut parmi les nations |
| Apocalypse | 22.14 | Lien explicite avec les commandements | Moyen de la purification du caractère |
| Apocalypse | 22.19 | « du livre de vie » (→ « de l’arbre de vie ») | Distinction entre les registres célestes |
Document établi à partir de la transcription d’une présentation orale intitulée « La Bible authentique, quelle version ? ». Les passages « à comparer » mentionnés sans référence précise dans la présentation originale (affichés à l’écran mais non retranscrits) n’ont pas été reconstitués ici afin de ne rien ajouter au contenu source ; le lecteur est invité à s’y référer directement via l’enregistrement original et le PDF associé.



