La Trinité, une couche de peinture sur le tableau des apôtres
La Trinité, une couche de peinture sur le tableau des apôtres
La Trinité, une couche de peinture sur le tableau des apôtres

La Trinité, une couche de peinture sur le tableau des apôtres

Imagine un tableau de maître. L’œuvre originale est là, achevée, signée. Puis les siècles passent, et des mains postérieures ajoutent une couche de peinture par-dessus. Cette couche vient après l’œuvre, elle ne fait pas partie de l’original. Elle recouvre, on ne voit plus le tableau du maître, on voit ce qu’on a peint dessus.

Et elle déforme, celui qui regarde croit contempler l’original alors qu’il contemple l’ajout. Voilà ce qui est arrivé à la doctrine de Dieu.

🩵 Le tableau original

Le tableau des apôtres est simple et lumineux. Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ, 1 Jean 1:3. Un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses, 1 Corinthiens 8:6. La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ, Jean 17:3.

Deux personnes divines, le Père et le Fils, et l’Esprit qui est leur présence, l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Christ, Romains 8:9. Voilà les couleurs du maître.

🩵 La couche ajoutée, avec dates et signatures

Contrairement au tableau original, la couche de peinture est datée et signée. En 325, le concile de Nicée consacre tout son travail au Fils et termine son credo par ces mots d’une brièveté révélatrice, et nous croyons au Saint-Esprit. Point. Aucune définition, aucune personne, aucun développement. Trois siècles après la Pentecôte, l’Église réunie en concile pour définir la foi n’a rien à dire de l’Esprit, sinon qu’on y croit.

Puis le débat s’ouvre, vers 360-380, et il fait rage. Des pans entiers de l’Église orientale, qu’on appellera les pneumatomaques, refusent de faire de l’Esprit une troisième personne divine. Basile de Césarée lui-même, dans son traité de 375, évite prudemment d’écrire que l’Esprit est Dieu. Enfin, en 381, le concile de Constantinople vote l’ajout, l’Esprit Seigneur et vivifiant, adoré et glorifié avec le Père et le Fils.

🌟 La troisième personne de la Trinité a été définie en l’an 381. Trois cent cinquante ans après la Pentecôte. Une doctrine qu’on découvre trois siècles et demi après les apôtres n’est pas une révélation, c’est un ajout. La foi, elle, a été transmise aux saints une fois pour toutes, Jude 3.

🩵 Comment la couche déforme le regard

Le chrétien d’aujourd’hui lit Matthieu 28:19, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et il voit trois personnes coégales et coéternelles. Mais ce ne sont pas ses yeux qui voient cela, c’est la couche de 381 qui s’interpose entre ses yeux et le texte. Le texte, lui, nomme le Père, nomme le Fils, et nomme l’Esprit sans jamais dire que cet Esprit est une troisième personne autonome.

De même, il lit le Consolateur de Jean 14 et voit un tiers, alors que Jésus dit, je viendrai à vous, Jean 14:18, et que Jean écrit, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste, 1 Jean 2:1. Il ne lit plus l’Écriture, il lit le concile à travers l’Écriture.

🩵 Le travail du restaurateur

Quand on restaure un tableau de maître, on retire patiemment les repeints et les vernis jaunis pour retrouver les couleurs d’origine. Et il se passe toujours la même chose, des voix protestent. Lors de la restauration de la chapelle Sixtine, beaucoup trouvèrent les couleurs originales trop vives, trop crues, ils s’étaient attachés à la patine. On reprocha aux restaurateurs les couleurs mêmes du maître.

C’est exactement ce qui arrive à quiconque retire la couche de 381. On lui reproche de toucher au tableau, alors qu’il ne touche qu’au repeint. On l’accuse de nouveauté, alors qu’il rend l’ancien. On t’appellera réparateur des brèches, restaurateur des sentiers, Ésaïe 58:12. La Réforme n’a jamais été autre chose que cela, non pas peindre autre chose, mais retrouver l’original sous les couches des siècles.

Alors regarde le tableau des apôtres tel qu’il fut peint. Le Père, le Fils, et leur Esprit. C’est plus simple que ce qu’on t’a enseigné, et c’est plus beau, car chaque couleur y est vraie.

Serge le prédicateur t’encourage 🩵

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