La loi morale n’a jamais été abolie : Romains 3 verset 31, la preuve définitive
La loi morale n’a jamais été abolie : Romains 3 verset 31, la preuve définitive
La loi morale n'a jamais été abolie

La loi morale n’a jamais été abolie : Romains 3 verset 31, la preuve définitive

Il existe dans les écrits de Paul un verset que beaucoup ont lu sans en mesurer la portée absolue. Un verset où Paul prend lui-même la question la plus radicale que l’on puisse poser sur la loi, et y répond avec la force la plus grande que la langue grecque lui permettait d’exprimer. Ce verset c’est Romains chapitre 3 verset 31.

Et quand on le dissèque dans sa langue originale, quand on le replace dans son contexte, quand on en mesure chaque mot avec la précision qu’il mérite, il devient l’une des preuves les plus solides et les plus incontestables de la permanence éternelle de la loi morale des Dix Commandements.

📖 Le texte dans sa langue originale

Voici ce que Paul écrit en grec dans le manuscrit original :

νόμον οὖν καταργοῦμεν διὰ τῆς πίστεως; μὴ γένοιτο, ἀλλὰ νόμον ἱστάνομεν.

Ce qui se traduit ainsi, annulons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là, au contraire nous établissons la loi.

En apparence c’est simple. Mais quand on entre dans chaque mot grec, on découvre que Paul a choisi ses termes avec une précision chirurgicale qui ne laisse aucune échappatoire à ceux qui prétendent que la foi abolit la loi.

📖 Premier mot, νόμον, nomon, la loi

Le premier mot décisif est nomon, la loi. Ce qui est remarquable ici c’est que Paul utilise ce mot sans article défini. En grec cette absence d’article n’est pas un détail grammatical insignifiant. Elle indique que Paul ne parle pas d’une loi particulière parmi d’autres, d’une loi circonstancielle ou temporaire.

Il parle de la loi dans son sens le plus absolu, le plus universel, le plus fondamental. Il parle de la loi comme principe éternel, comme réalité constitutive de ce que Dieu est et de ce que Dieu exige.

Et quand on suit le raisonnement de Paul depuis le début de l’épître aux Romains, on comprend immédiatement de quelle loi il s’agit. Depuis le chapitre 1, Paul parle de la culpabilité universelle de l’homme devant Dieu.

Il parle de transgressions concrètes et morales, le vol, l’adultère, le mensonge, le meurtre, le mépris des parents. Ce sont toutes des violations directes des Dix Commandements. Ce nomon de Romains 3 verset 31 c’est le Décalogue. C’est la loi morale. C’est la loi du bien et du mal.

📖 Deuxième mot, καταργοῦμεν, katargoumen, annuler

Le deuxième mot décisif est katargoumen, qui vient du verbe katargeo. Ce verbe signifie rendre sans effet, abolir, annuler, mettre hors d’usage, réduire à néant. C’est un mot fort, précis, sans ambiguïté.

Paul prend exactement le vocabulaire de ceux qui prétendent que la foi abolit la loi. Il formule leur argument dans sa version la plus radicale et la plus honnête. Il ne caricature pas ses adversaires. Il leur donne la formulation la plus puissante possible avant de la démolir.

C’est la marque d’un raisonnement intellectuellement honnête et théologiquement rigoureux. Paul n’esquive pas la question. Il la pose dans toute sa radicalité.

📖 Troisième expression, μὴ γένοιτο, mè genoito, que cela ne soit absolument jamais

Voici maintenant l’expression la plus importante de tout le verset. μὴ γένοιτο, mè genoito. Les traductions françaises rendent souvent cela par loin de là ou qu’à Dieu ne plaise. Mais ces traductions sont trop douces pour rendre la force de l’original grec.

Mè genoito signifie littéralement que cela ne soit jamais, que cela ne se produise absolument pas, c’est impossible et scandaleux que cela arrive. C’est la formule d’indignation la plus forte que la langue grecque possède. C’est l’équivalent d’un non absolu, total, véhément, indigné.

Et Paul utilise exactement cette même formule dans d’autres passages de Romains quand il veut rejeter une conclusion qu’il juge non seulement fausse mais scandaleuse. Au chapitre 6 verset 2 il demande, continuerons-nous dans le péché afin que la grâce abonde, et il répond mè genoito, absolument pas.

Au chapitre 6 verset 15 il demande, pécherons-nous parce que nous sommes sous la grâce et non sous la loi, et il répond à nouveau mè genoito, absolument pas.

Ce mè genoito de Romains 3 verset 31 n’est donc pas une simple nuance ou une correction légère. C’est un rejet total et indigné de l’idée que la foi pourrait abolir la loi. Paul dit, cette idée est scandaleuse, elle est fausse, elle est impossible, qu’elle ne soit jamais même envisagée.

📖 Quatrième expression, ἀλλὰ νόμον ἱστάνομεν, alla nomon histanomen, au contraire nous établissons la loi

Après le rejet vient l’affirmation positive. Alla signifie au contraire, bien plus que cela, c’est exactement l’opposé. Et histanomen vient du verbe histemi qui signifie établir, faire tenir debout, affermir, confirmer, rendre stable et solide sur ses fondements.

Ce n’est pas un maintien passif ou résigné. Ce n’est pas Paul qui dit, bon d’accord, la loi subsiste, soyons raisonnables. C’est une affirmation active, puissante et joyeuse. La foi ne se contente pas de ne pas abolir la loi. La foi fait tenir la loi debout plus solidement que jamais. La foi confirme la loi. La foi l’établit sur ses fondements éternels. La foi lui rend tout son éclat et toute sa gloire.

Pourquoi ? Parce que c’est la foi en Christ qui nous révèle pleinement qui est Christ. Et comme nous l’avons vu dans notre publication précédente, Christ est lui-même la loi morale en personne. Croire en Christ c’est donc établir la loi, parce que croire en lui c’est recevoir celui que la loi décrivait depuis toujours.

📖 Le contexte de Romains 1 à 3 confirme qu’il s’agit du Décalogue

Certains pourraient objecter que Paul ne parle pas ici du Décalogue spécifiquement mais de la loi en général. Le contexte de l’épître aux Romains ferme définitivement cette objection.

Depuis le chapitre 1, Paul a construit un raisonnement sur la culpabilité universelle de l’homme. Il a montré que les nations qui n’ont pas reçu la loi écrite pèchent contre la loi gravée dans leur conscience, ce qui est une référence directe aux commandements moraux universels. Il a montré que les Juifs qui ont reçu la loi écrite la transgressent dans les actes concrets de leur vie quotidienne.

Et au chapitre 2 versets 21 et suivants il cite des transgressions précises, tu prêches de ne pas voler et tu voles, tu dis de ne pas commettre d’adultère et tu commets l’adultère, tu abomines les idoles et tu commets des sacrilèges. Ce sont toutes des violations directes du Décalogue, du sixième, du septième et du deuxième commandement.

Au chapitre 3 verset 20 Paul conclut cette démonstration en disant, c’est par la loi que vient la connaissance du péché. Le mot péché en grec est hamartia qui signifie manquer la cible, s’écarter de la norme. Et la norme dont Paul parle tout au long de ces trois chapitres c’est la loi morale des Dix Commandements. C’est elle et rien d’autre que Paul confirme et établit au verset 31.

📖 La distinction que Paul lui-même fait entre loi morale et lois cérémonielles

Il est important de comprendre que Paul n’est pas contradictoire avec lui-même quand il parle ailleurs de lois abolies. En Colossiens 2 et en Éphésiens 2 Paul parle effectivement de lois abolies, mais ce sont les ordonnances cérémonielles, les sacrifices, les fêtes rituelles, le sacerdoce lévitique, tout ce système d’ombres qui annonçait le ministère de Christ et qui a disparu quand la réalité est venue.

Paul en tant que Pharisien formé aux pieds de Gamaliel connaissait parfaitement la distinction que les rabbins faisaient eux-mêmes entre deux catégories de lois dans la Torah hébraïque. D’un côté les mitsvot, les commandements moraux permanents qui expriment directement la nature immuable de Dieu. De l’autre les houqqim, les ordonnances rituelles et cérémonielles liées au temps et au contexte historique particulier du peuple d’Israël.

Quand Paul dit en Romains 3 verset 31 que la foi établit la loi, il parle des mitsvot, des commandements moraux permanents, du Décalogue, de ce qui reflète la nature éternelle de Dieu. Et quand il parle de lois abolies ailleurs, il parle des houqqim, des ombres cérémonielles qui ont disparu avec la venue de Christ.

Ce n’est pas une contradiction. C’est une distinction théologique précise et cohérente que Paul maintient avec rigueur tout au long de ses épîtres.

📖 Ce que cela signifie pour tout étudiant sérieux de la Bible

Romains 3 verset 31 est l’un des versets les plus décisifs de tout le Nouveau Testament sur la question de la permanence de la loi morale. Et son analyse dans la langue originale grecque ne laisse aucune ambiguïté possible.

Paul pose la question dans sa formulation la plus radicale en utilisant le verbe katargeo, abolir. Il la rejette avec la formule d’indignation la plus forte du grec, mè genoito, que cela ne soit absolument jamais. Et il affirme positivement avec le verbe histemi que la foi établit, confirme et fait tenir debout la loi morale sur ses fondements éternels.

Le contexte de Romains 1 à 3 confirme sans aucun doute possible que la loi dont Paul parle ici c’est la loi morale des Dix Commandements, le Décalogue, la loi du bien et du mal gravée dans la conscience de tout homme et révélée solennellement au Sinaï.

Cette loi est intemporelle. Elle l’est parce qu’elle est le portrait de Christ lui-même. Elle l’est parce que Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Elle l’est parce que la distinction entre le bien et le mal ne peut jamais s’interrompre sans que toute civilisation humaine s’effondre avec elle.

Et Paul, le prétendu apôtre de la grâce contre la loi, le prétendu théologien de l’abolition des commandements, dit lui-même avec la plus grande clarté et la plus grande véhémence que non, la foi n’abolit pas la loi, au contraire elle l’établit.

Que tout étudiant sérieux de la Bible en prenne note. Que tout prédicateur qui a enseigné l’abolition de la loi morale relise ce verset dans son grec original. Et que tout croyant qui a été troublé par ces enseignements trouve ici la certitude tranquille et définitive que les Dix Commandements sont debout, qu’ils ont toujours été debout, et qu’ils le seront jusqu’à l’éternité.

Car la loi morale n’est pas une règle que Dieu a posée un jour et qu’il pourrait retirer le lendemain. Elle est ce que Dieu est. Et ce que Dieu est ne change pas.

Serge le prédicateur t’encourage 🩵

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