Je veux partager aujourd’hui quelque chose de plus personnel, parce que je pense que ça éclaire mieux pourquoi je tiens autant à cette question. Ce que je défends maintenant (la Diade nuancée, le Père seul Dieu par nature, le Fils engendré et subordonné) n’est pas une opinion que j’ai adoptée à la légère ou sur un coup de tête.
J’ai longtemps défendu la Trinité moi-même, avec conviction, et c’est cette défense même, poussée jusqu’au bout, qui m’a conduit ailleurs.
I. Pourquoi je défendais la Trinité
Ce qui me dérangeait depuis longtemps, ce n’était pas l’idée d’un Dieu unique en plusieurs personnes en elle-même, mais une certaine manière simpliste de la présenter, celle où on finit par dire que le Fils est en quelque sorte le Père, le Fils et l’Esprit tout à la fois, ou que le Père est lui-même le Père, le Fils et l’Esprit tout à la fois.
Cette confusion-là, je ne la supportais pas, parce qu’elle effaçait toute distinction réelle entre les personnes, ce qui n’est ni ce que la Trinité orthodoxe enseigne formellement, ni ce que le texte biblique donne à voir. Ma défense de la Trinité, à l’époque, partait donc d’un bon réflexe, vouloir préserver une vraie distinction entre le Père et le Fils, et refuser de les confondre en une seule personne indifférenciée.
II. Une étude approfondie, pas une adhésion superficielle
Cette défense ne s’est pas arrêtée à la surface. J’ai étudié la doctrine trinitaire sous toutes ses coutures, verset par verset, pendant longtemps, précisément pour pouvoir établir cette distinction entre le Père et le Fils sur une base solide. Et déjà à cette époque, certains textes me sautaient aux yeux sans que je sache encore où ils allaient me conduire.
Hébreux 1:8 m’apprenait que le Père donne au Fils le titre de Dieu, mais le verset suivant, dans la même phrase, ajoutait que ce même Fils a lui-même un Dieu qui l’oint (Hébreux 1:9). Je voyais déjà, sans l’appeler encore ainsi, une forme de subordination réelle entre les deux, le Père donnant, le Fils recevant.
III. Le malaise jamais résolu autour du Saint-Esprit
Il y avait un point sur lequel je n’ai jamais été à l’aise, même au cœur de ma défense la plus convaincue de la Trinité, celui du Saint-Esprit comme troisième personne à part entière. Je ne supportais pas l’idée de prier le Saint-Esprit directement, et plus je lisais les épîtres, plus je remarquais une chose simple, le Saint-Esprit n’y est jamais salué comme le sont le Père et le Fils dans les salutations d’ouverture.
Paul salue de la grâce et de la paix qui viennent de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ, dans presque toutes ses lettres, mais jamais il n’ajoute le Saint-Esprit dans cette même formule de salutation comme une troisième personne qu’on saluerait au même rang. Ce silence répété, épître après épître, a fini par peser plus que toutes les explications théoriques qu’on pouvait m’en donner.
IV. Le moment où tout s’est éclairci
C’est dans cette persévérance, à force de relire et de creuser les Écritures plutôt que de me contenter des formulations reçues, que j’ai fini par voir clairement ce que je pressentais déjà depuis longtemps sans le formuler. La Trinité, telle qu’elle est définie depuis les conciles, avec trois personnes égales en tout, ne correspond pas à ce que les apôtres décrivent eux-mêmes. Le Père seul est appelé le seul vrai Dieu (Jean 17:3).
Le Fils dit lui-même que le Père est plus grand que lui (Jean 14:28). Paul écrit que Dieu est la tête du Christ (1 Corinthiens 11:3). Ce n’est pas un Dieu en trois personnes égales que je trouvais dans ces textes, mais un Père qui est l’unique source, et un Fils qui reçoit tout de lui, ce que j’appelle aujourd’hui la Diade nuancée.
V. Ce que ce parcours m’a appris
Je ne raconte pas ce cheminement pour me présenter comme une autorité à qui il faudrait croire sur parole. Je le raconte parce qu’il me semble important que vous sachiez que cette position n’est pas née d’un rejet superficiel ou d’une réaction impulsive contre une doctrine que je n’aurais jamais prise au sérieux.
Elle est née au contraire d’années passées à défendre, étudier et habiter cette doctrine de l’intérieur, jusqu’à ce que les textes eux-mêmes, à force d’être lus avec persévérance, ne me laissent plus d’autre choix honnête que de la quitter.
Si vous portez vous-même ce malaise que j’ai longtemps porté, cette gêne devant l’idée de prier le Saint-Esprit, cette difficulté à concilier l’égalité parfaite des trois personnes avec des textes comme Jean 14:28 ou Hébreux 1:9, je vous invite simplement à faire ce que j’ai fait, retourner aux Écritures vous-même, les lire avec patience, sans vous presser vers une conclusion toute faite, et laisser le texte parler.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




