Cette publication est la suite directe d’une première étude dans laquelle nous avons démontré qu’Ellen White ne pouvait pas avoir enseigné la Trinité seule contre tous les fondateurs adventistes. Nous allons voir maintenant comment des collaborateurs trinitariens ont introduit des formulations trinitariennes dans ses publications, preuves documentées à l’appui.
Ce que les archives historiques révèlent
Cette publication ne repose pas sur des suppositions ou des intuitions. Elle repose sur des documents historiques précis, des lettres archivées, des témoignages de personnes directement impliquées dans la préparation des publications d’Ellen White.
Marian Davis, assistante littéraire d’Ellen White
Pendant 25 ans, de 1879 jusqu’à sa mort en 1904, Marian Davis a servi comme copiste, éditrice et assistante littéraire d’Ellen White. Son rôle était de compiler, sélectionner et organiser les écrits d’Ellen White pour en faire des livres. Ellen White elle-même décrivait ce travail en ces termes dans sa lettre de 1900 :
« Elle fait son travail de cette façon : elle prend mes articles publiés dans les journaux et les colle dans des livres vierges. Elle a aussi une copie de toutes les lettres que j’écris. En préparant un chapitre pour un livre, Marian se souvient que j’ai écrit quelque chose sur ce point précis, ce qui peut rendre la matière plus percutante.
Elle commence à chercher cela, et si, quand elle le trouve, elle voit que cela rendra le chapitre plus clair, elle l’ajoute. Les livres ne sont pas les productions de Marian, mais les miennes, rassemblées de tous mes écrits. »
Lettre 61a, 1900
Ce travail de compilation était donc réel, documenté, et connu d’Ellen White de son vivant. Marian restait fidèle à sa pensée tant qu’elle était sous sa supervision directe.
L’influence trinitarienne de Prescott et Lacey sur Marian Davis
Ce qui est documenté et établi par les archives est le suivant : pendant la préparation du livre Jésus-Christ, Marian Davis a été directement influencée par deux hommes trinitariens, W. W. Prescott et Herbert Camden Lacey.
Lacey lui-même le reconnaît dans une lettre adressée à Leroy Froom le 30 août 1945 :
« Le Professeur Prescott était immensément intéressé à présenter Christ comme le grand JE SUIS d’Exode 3:14… Sœur Marian Davis sembla adhérer à cela, et voilà que, quand Jésus-Christ parut, on vit apparaître cet enseignement identique aux pages 24 et 25, qu’on chercherait en vain, je crois, dans les œuvres publiées de Sœur White avant cette époque ! »
Et concernant la doctrine du Saint-Esprit, Lacey ajoute :
« Lors du voyage de retour en Australie en septembre 1895, j’ai fait de la Personnalité et de l’Œuvre du Saint-Esprit un sujet d’étude biblique particulier. Et je me suis convaincu moi-même ! Ainsi, quand on m’a demandé de conduire une série d’études bibliques à Cooranbong en 1896, j’ai présenté ce thème, très fortement à l’intérêt de Sœur Marian Davis, qui prenait des notes copieuses… »
« Quand Jésus-Christ parut en 1898, Frère Daniells lui-même attira mon attention sur l’expression trouvée à la page 671, où l’Esprit est appelé la troisième personne de la Divinité. »
Ce témoignage est extraordinaire. Lacey reconnaît lui-même que des formulations trinitariennes sont apparues dans Jésus-Christ sous l’influence directe de personnes trinitariennes, et qu’on chercherait ces formulations en vain dans les écrits antérieurs d’Ellen White.
Une alerte lancée dès 1910
Ce n’est pas seulement Lacey qui a reconnu le problème. Dès 1910, W. A. Colcord, rédacteur associé de la Review and Herald, écrivait dans une lettre adressée à L. A. Smith :
« Nous savons assez bien comment certaines de ces choses se sont frayé un chemin dans ses écrits. Ses collaborateurs ont fouillé nos principaux ouvrages pour s’emparer de ce qu’ils pensaient être les meilleures expositions de l’Écriture, et ont tissé ces choses remaniées dans le texte. »
Lettre de W. A. Colcord à L. A. Smith, 20 juillet 1910, Archives de la Conférence Générale
Cette alerte lancée dès 1910 montre que le problème était connu et reconnu très tôt, de l’intérieur même du mouvement adventiste.
Des compilations publiées après sa mort sans sa validation
Ellen White est décédée en 1915. Or de nombreuses compilations ont été publiées sous son nom après sa mort, sans qu’elle puisse les lire, les corriger ou les valider. Parmi ces publications posthumes on trouve Messages to Young People en 1930, Christian Service en 1925, Evangelism en 1946, Selected Messages en 1958 et 1980, et bien d’autres encore.
Ces compilations ont été préparées par des personnes ayant leurs propres orientations doctrinales, dans un contexte où le mouvement adventiste évoluait progressivement vers une position trinitarienne. Ellen White n’était plus là pour superviser ni corriger.
Conclusion
Les faits établis par les archives sont clairs et précis. Des collaborateurs trinitariens ont exercé une influence documentée sur la préparation des publications d’Ellen White. Des formulations trinitariennes ont été introduites dans ces publications que Lacey lui-même reconnaît être introuvables dans ses écrits antérieurs. Des compilations ont été publiées sous son nom après sa mort sans qu’elle puisse les valider.
Ce n’est pas une accusation. Ce sont des faits historiques établis par les témoignages des personnes directement impliquées.
La question que tout adventiste honnête doit se poser est simple : si Ellen White avait réellement enseigné la Trinité, pourquoi aurait-il fallu l’intervention de collaborateurs trinitariens pour que cette doctrine apparaisse dans ses publications ? Pourquoi Lacey lui-même reconnaît-il que ces formulations sont introuvables dans ses écrits antérieurs ?
Le consensus anti-trinitaire de tous les pionniers adventistes d’un côté. L’infiltration éditoriale documentée de l’autre. La conclusion s’impose d’elle-même.
Que celui qui a des oreilles entende.
La suite est disponible ici : « Troisième personne de la Divinité » : ce qu’Ellen White voulait vraiment dire – Partie 3
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




